Des roquettes lancées depuis le Liban ravivent de durs souvenirs en Israël
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Le Hezbollah dément toute implication dans cette attaque

Photo: Agence France-Presse
Les deux roquettes de 107mm n'ont blessé personne hier mais ont causé des dégâts matériels, endommageant une usine et une voiture. Le premier ministre israélien Ehoud Olmert, en déplacement aux États-Unis, a estimé qu'il s'agissait probablement d'une attaque «d'un petit mouvement palestinien».
«Nous sommes toujours en train de déterminer les circonstances», a-t-il expliqué à New York où il rencontrait le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. «Le Liban est très calme depuis neuf mois et le restera, espérons le», a ajouté M. Olmert. Un responsable accompagnant le chef du gouvernement a de son côté déclaré qu'«Israël ne succomberait pas à cette provocation mais surveillerait la situation de très près».
Al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah au Liban, a nié toute implication du groupe chiite pro-syrien et pro-iranien dans les tirs. À Beyrouth, ni les responsables de la sécurité ni le mouvement islamiste ne faisaient de commentaire. L'armée libanaise a en revanche affirmé avoir découvert une roquette prête à être lancée après les tirs de trois autres de ces engins de 107 mm, dont deux ont atteint le nord d'Israël. Son communiqué impute l'agression à des «éléments inconnus».
La FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), a dénoncé une violation «grave» de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies et appelé «toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue» et à «respecter pleinement la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies afin d'éviter toute escalade».
Les roquettes, a précisé une porte-parole de la FINUL, Yasmina Bouziane, ont été tirées du secteur d'Adaïsseh au Liban contre Israël. «L'armée libanaise a localisé le secteur de tir et a découvert quatre lanceurs de roquettes avec des minuteurs. Trois ont tiré et le quatrième n'a pas fonctionné», a-t-elle expliqué.
Les forces libanaises et de la FINUL ont intensifié leurs patrouilles dans le secteur afin de «localiser les auteurs [des tirs] et empêché de nouvelles attaques», selon la porte-parole. La résolution 1701, adoptée en août 2006, a appelé notamment à une «cessation totale des hostilités», au déploiement de l'armée libanaise et de la FINUL, et au «désarmement de tous les groupes armés au Liban», notamment le Hezbollah.
L'attaque est survenue alors que le nouveau ministre de la Défense et ex-premier ministre Ehoud Barak, travailliste, allait prendre ses fonctions, succédant à Amir Peretz, accusé de grave incompétence dans la conduite de la guerre au Liban. M. Peretz ayant réuni les chefs de l'armée et de la sécurité, ceux-ci devaient discuter de la réponse de l'État hébreu aux roquettes, selon des responsables israéliens de la sécurité.
L'un des engins est tombé sur une usine et l'autre sur une voiture. Pour l'expert en affaires arabes de la 2e chaîne israélienne, Ehoud Yaari, ils ont probablement été tirés par un groupe dissident palestinien au Liban, soutenu par Damas. Les deux roquettes ont explosé près de la ville de Kiryat Shemona, durement touchée pendant la guerre à l'été dernier. Le maire, HaJim Barbivaï, a exhorté les gouvernements israélien et libanais à réagir avec fermeté.
Le chef de la police de cette zone, Nir Mariach, a conseillé aux habitants du Nord de «continuer de vivre normalement» plutôt que de se précipiter aux abris. Selon la 2e chaîne de télévision, les roquettes ont été tirées depuis le village d'Adaïsseh, au Liban-Sud.

