Beaux livres - Un ange passe
Mots clés : photographies, anges, religion, Livre, Culture, France (pays)

Ces anges sont surtout féminins, a-t-elle constaté. Pensifs, lisant, dormant, pleurant, jouant de la musique, s'étreignant, fixés dans la pierre, ils sont d'une beauté qui semble immortelle. Et pourtant, alors que la plupart de ces photos ont été prises dans les années 1980, plusieurs des sculptures représentées ont aujourd'hui disparu. «Peut-être se trouvent-elles aujourd'hui dans des parcs ou des jardins privés», se demande la photographe.
Déjà, sur les photos, plusieurs anges ont pris de l'âge, envahis de vigne, noircis par la pollution ou salis par les pigeons. Et la patine des ans ne fait que rendre plus aiguë la question qui nous hante en les regardant: «Que reste-t-il d'une vie humaine?» Car même la pierre, sous ses allures d'éternité, ne résiste pas totalement au passage du temps.
Isolde Ohlbaum dit avoir photographié certains anges plusieurs fois, différents qu'ils étaient dans la lumière ou dans l'ombre, à différentes heures de la journée.
«Créés comme métaphores poétiques, comme métaphore de la passion, de la protection, de la conscience, de la paix, de la consolation ou de l'espérance, ils donnent carrière à nos rêves et à nos désirs, et restent remplis de secrets et d'énigmes.»
Ces superbes photos sont accompagnées de textes choisis d'Hugo, de Baudelaire, de Nerval, mais aussi, entre autres, d'Edgar Poe et de Théophile Gauthier.
«Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme / Ouvre le firmament», écrit Victor Hugo.
Dans la mythologie, les anges sont dotés par Dieu du libre arbitre, mais ils choisissent majoritairement de continuer à se consacrer à leur créateur. Ceux qui, au contraire, s'éloignent de Lui deviennent déchus, comme Satan.
Reste que même ceux qui sont restés dans le droit chemin semblent souffrir parfois du spectacle du monde. On les voit souvent les mains posées sur leurs yeux, comme pour masquer une vision d'apocalypse.
«Les plus désespérés sont les chants les plus beaux / Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots», écrit Alfred de Musset.
Silence! Un ange passe. Et la beauté est faite pierre.
***
Anges, un lien avec l'éternité
Isolde Ohlbaum
Éditons La Martinière
Paris 2007, 341 pages
Vos réactions
Aucun commentaire ... soyez le premier !

