Opinion

Lettres: Après la course...

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Marie Lachance, Montréal, le 12 juin 2007

Édition du vendredi 15 juin 2007

Mots clés : Grand Prix, Consortium Écho-Logique, environnement, Pollution, Québec (province)

Lundi, j'ai fait du bénévolat pour le Consortium Écho-Logique, un organisme qui se spécialise dans la gestion des matières recyclables, notamment lors de festivals et d'activités de grande envergure. Dans ce cas-ci, il s'agissait du Grand Prix du Canada. Cette course de voitures est généralement présentée par les médias comme un événement excitant dont les retombées économiques sont spectaculaires et qui attire des centaines de milliers de personnes... Certes, mais comme je l'ai vu, il y a aussi un envers au décor.

Bien sûr, j'ai vu les millions de bouteilles et de canettes récupérées sur le site par ces jeunes bénévoles, particulièrement dans les déchets (des montagnes hautes comme des maisons!), mais j'ai surtout vu du gaspillage comme je n'en avais jamais vu auparavant: des bouteilles de vin encore scellées, de la bière, des jus, des milliers de bouteilles d'eau encore emballées, les plantes exotiques qui ont agrémenté le paddock et les loges pendant deux jours ainsi que leurs vases, des caisses de saumon fumé et de poitrines de poulet, des paquets de toques de cuisinier, des boîtes entières de programmes pour la course, des cafetières, des glacières... Tout ça aux poubelle ou sur le point de l'être!

Quand on sait qu'à la fin de ce week-end, les nappes sont fermées comme des baluchons, avec tout ce qu'il y a sur la table -- nourriture, bouteilles, coupes et vaisselle en porcelaine -- et que ces paquets sont jetés aux ordures, on ne peut être que choqué.

Après ce Grand Prix, les bénévoles, qui d'ordinaire apportent leur sandwich, ont mangé du saumon, du poulet, de la pizza, des fruits frais et de la crème glacée Häagen-Dazs (chacun un énorme pot!) destinés aux dépotoirs.

Je me demande pourquoi les organisateurs -- et même le parc Jean-Drapeau et la Ville de Montréal -- acceptent d'appuyer un tel gaspillage. Quand le Grand Prix est terminé, on n'en entend plus parler, mais ces bénévoles en ont encore pour la semaine à ramasser et, surtout, à récupérer ce que cette immense frasque a laissé derrière elle. Et dire que cet événement a lieu 22 fois par année dans le monde, et ce, souvent dans des endroits bien plus «luxueux» que Montréal...


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