Vancouver -- L'ancien envoyé spécial des Nations unies en matière de VIH/sida en Afrique, le Canadien Stephen Lewis, a reproché au G8, hier à Vancouver, d'avoir abandonné ses engagements envers la santé et l'égalité sociale en Afrique, laissant entendre que ses dirigeants ont de la difficulté à trouver leur boussole morale.
La semaine dernière, lors d'un sommet à Heiligendam, en Allemagne, les leaders des pays les plus industrialisés ont promis de consacrer 60 milliards à la lutte contre la maladie en Afrique, mais M. Lewis a déploré l'absence d'un échéancier ferme, rappelant que les fonds seront investis «au cours des prochaines années». «Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire?», a-t-il demandé. Les pays du G8 dépensent 120 milliards chaque année pour les conflits en Irak et en Afghanistan, mais ils sont incapables de trouver la moitié de cette somme pour lutter contre le sida et le VIH, a dit M. Lewis. «Qu'est-il arrivé au point de repère moral de notre monde?», a-t-il lancé.