Le Grand Prix du Canada - Un jeune prodige couronné

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Brian Myles
Édition du lundi 11 juin 2007

Mots clés : Grand Prix du Canada, Lewis Hamilton, Robert Kubica, Automobile, Canada (Pays)

L'exploit de Lewis Hamilton a failli être terni par le spectaculaire accident de Robert Kubica

Le pilote Lewis Hamilton célébrant dans les règles sa première victoire en Formule 1, hier, sur le circuit Gilles-Villeneuve.

Photo: Jacques Nadeau

La première victoire en F1 de Lewis Hamilton a été obscurcie par un accident qui a failli coûter la vie à Robert Kubica, hier au Grand Prix du Canada. Le prodige de McLaren a connu une «course simple» de son propre aveu, étant donné que près du quart de l'épreuve a été disputée sous drapeau jaune à la suite de nombreux incidents.

La 40e édition du Grand Prix du Canada s'annonçait comme un couronnement pour le nouvel enfant chéri de la foule. Parti de la pole, Lewis Hamilton est resté en tête pendant 67 des 70 tours. Son exploit a bien failli passer inaperçu.

Au 27e tour, Robert Kubica (Sauber) a touché l'arrière de la voiture de Jarno Trulli, tout juste avant l'épingle. Kubica s'est littéralement envolé sur un vibreur et il a percuté le mur du ciment avec une violence inouïe, à environ 130 km/h. Sous l'impact, la carcasse de métal a culbuté jusque de l'autre côté de la piste.

Personne n'est resté indifférent au sort du pilote que des millions de spectateurs ont vu, gisant inerte dans une voiture réduite en pièces. Il ne restait qu'une roue et la cellule de survie. De nombreux journalistes d'expérience ont cru qu'il était mort sur le coup, mais non! Kubica était conscient et il parlait lors de son transport par hélicoptère à l'Hôpital du Sacré-Coeur, où il a subi des examens plus poussés. Il a subi une légère commotion cérébrale et une entorse à la cheville, tout simplement. Il ne gardera aucune séquelle de l'accident, a confirmé l'Hôpital du Sacré-Coeur par voie de communiqué. Le miraculé polonais devrait recevoir son congé dès aujourd'hui.

The show must go on, dit l'adage qui sied si bien à la Formule 1. Et le spectacle a repris de plus belle avec le premier triomphe d'Hamilton. «J'étais prêt pour la victoire depuis un bon moment. C'était juste une question de savoir quand et où», a-t-il dit.

Montée six fois sur le podium en six courses, la recrue britannique occupe maintenant seule le classement des pilotes avec 48 points, huit de plus que son coéquipier, Fernando Alonso. Hamilton a dédié la victoire à son père, qui était présent sur le circuit Gilles-Villeneuve. «Vous ne pouvez pas savoir tout le travail qu'il a fait pour ma carrière. Il n'avait rien quand il était jeune. Il a perdu sa mère très jeune, et juste le fait de voir sa famille réussir, ça lui fait très plaisir», a dit le jeune homme de 22 ans.

Le miracle du «stop and go»

Exception faite du départ, alors qu'il a dû contenir la poussée de Nick Heidfeld (2e sur Sauber) et se tenir à distance d'un Alonso errant, Hamilton n'a pas été inquiété par ses adversaires. La voiture de sécurité est entrée en piste à quatre reprises, pour un total de 16 tours, ralentissant ainsi le peloton. Dans ces circonstances, le plus difficile pour les pilotes fut de maintenir les pneus à la bonne température, au risque de perdre de l'adhérence.

Cette course en «stop and go» a permis à certains pilotes de ménager les freins et le carburant et de réaliser de petits miracles. Parti de la 19e place sur la grille, Alex Wurz (Williams) a réussi l'exploit de grimper sur la troisième marche du podium. Heikki Kovalainen (Renault), qui s'est élancé de la 22e place, a terminé 4e. «C'est comme un rêve. J'ai éprouvé des difficultés tout le week-end et je n'ai jamais trouvé mon rythme. Aujourd'hui, j'ai été un peu chanceux. Dieu merci pour la voiture de sécurité», a lancé Wurz, qui a fait ses débuts en F1 à Montréal, il y a dix ans.

Nick Heidfeld a indiqué pour sa part qu'il aurait terminé deuxième aujourd'hui peu importe les circonstances. Sa BMW Sauber était d'une rapidité surprenante. «Avant le début de la course, nous ne savions pas à quel point nous étions forts», a-t-il commenté.

Fernando Alonso a connu une journée atroce, indigne d'un double champion du monde. Il a complètement raté le premier virage à quatre reprises, y compris lors du départ, alors qu'il a été relégué de la deuxième à la troisième place. «Je devais pousser», a-t-il dit simplement au sujet de ses égarements.

La descente aux enfers d'Alonso s'est poursuivie tout l'après-midi. À un point tel qu'il a même été doublé, au 67e tour, par le Japonais Takuma Sato, éternel perdant chez Super Aguri. L'humiliation a pris fin au terme des 70 tours réglementaires. Alonso, classé septième, n'en espérait plus davantage. «On a été chanceux que la course s'arrête parce que j'aurais pu être dépassé par d'autres», a-t-il lancé.

Les pilotes Ferrari ont vu rouge, et même noir dans le cas de Felipe Massa. Il a été disqualifié (drapeau noir) pour avoir quitté la ligne des puits sans autorisation alors que la voiture de sécurité était en piste. Giancarlo Fisichella (Renault) a subi le même sort, pour les mêmes raisons que Massa. Celui-ci était 4e position lorsqu'il a été mis aux arrêts pour de bon. Il n'avait pas remarqué si la lumière de la ligne des puits était verte ou rouge. «Je n'ai même pas regardé. Pour moi, il ne devait pas y avoir de problèmes. Au moment de sortir, j'étais derrière la voiture de sécurité, et les puits étaient ouverts. La situation était très confuse», a dit Massa.

Avec la disqualification de Massa et la cinquième place de Kimi Räikkönen, Ferrari repart de Montréal avec une maigre récolte de 4 points. L'écurie est toujours deuxième au classement des constructeurs. McLaren a cependant creusé l'écart et compte maintenant 28 points d'avance.

Enfin, le Grand Prix du Canada n'a pas été aussi couru que dans les deux dernières années. Au total, 303 000 personnes ont fréquenté le circuit Gilles-Villeneuve depuis vendredi. C'est 31 000 de moins que le record d'assistance établi en 2005. Le directeur général de l'événement, Martin Spalding, impute ces résultats à la diminution de l'intérêt que portent les médias nationaux à la F1 depuis le départ de Jacques Villeneuve et au taux de change qui est moins avantageux pour les touristes américains.

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Avec la collaboration d'Éric Desrosiers


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Panem et circenses - par Raymond Saint-Arnaud
Le lundi 11 juin 2007 22:00

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