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Sauver nos forêts est impossible sans les Anishnabe

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Jacqueline Loiselle
Envoyé Le samedi 09 juin 2007 17:00



Il y a une quinzaine d'années, j'ai travaillé de très près avec les Anishnabe du Lac Barrière (ou Rapid Lake), une petite bande d'environ 300-400 personnes vivant au milieu du Parc (sic) La Vérendry, en fait une réserve forestière sauf le long des routes pour que ça ne se voit pas. À force de barrages routiers -- l'ONF avait fait un film documentaire sur leurs luttes à la fin des années 80 appelé justement "Blockade"... jamais traduit en français -- ils avaient arraché aux gouvernements canadien et québécois une "entente trilatérale" qui soumettait la coupe dans le soi-disant Parc à davantage de restrictions environnementales que celles imposées légalement. Malgré la signature des gouvernements, l'entente n'a jamais été adéquatement financée la rendant par là caduque dans les faits. Finalement, las de plusieurs années de luttes et de rivalités avocassières, cette communauté extrêmement dépourvue, s'était scindée en groupes rivaux, ce qui avait stoppé la lutte pour le plus grand soulagements des gouvernements et des compagnies forestières qui avaient pu reprendre sans histoire leurs activités de "Sahara Lumber".

De cette expérience à la fois emballante et triste, j'en avais conclu à l'absolu nécessité de se solidariser avec les Anishnabe dans une lutte commune contre les monopoles de la forêt et les gouvernements qui jouent leur jeu pour sauver nos forêts du pillage. C'est aussi la conclusion à laquelle, en fin de parcours, était arrivée la communauté blanche de Maniwaki, dépendant d'une forêt qu'il savait en perdition, où les deux hebdos avaient fait des éditoriaux appuyant l'entente trilatérale et la lutte des Anishnabe du Lac Barrière.

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