Nadal et Federer remettent ça

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AFP
Édition du samedi 09 et du dimanche 10 juin 2007

Mots clés : Roger Federer, Rafael Nadal, tennis, Sport, France (pays)

Paris -- La revanche attendue entre Rafael Nadal et Roger Federer aura bien lieu demain en finale de Roland-Garros, malgré les efforts de Nikolay Davydenko pour changer un scénario trop prévisible à son goût.

Le Suisse a bien gagné en trois sets 7-5, 7-6 (7/5), 7-6 (9/7), mais a dû passer trois heures sur le court pour y arriver. Le Russe a surtout mené dans toutes les manches, contrairement à Novak Djokovic, contraint de capituler aussi en trois sets, mais nettement plus vite, devant les énormes coups droits de Rafael Nadal (7-5, 6-4, 6-2).

Le Russe s'est taillé une réputation d'anticonformiste par des déclarations tranchant avec la langue de bois souvent en usage sur le circuit. Dernier exemple en date, à la veille de la demi-finale, il avait affirmé qu'il n'y avait «aucune raison qu'il batte Federer», après une décourageante série de huit défaites en autant de rencontres.

Hier, c'est raquette en main qu'il a surpris tout le monde. On savait certes qu'il n'était pas no 4 mondial pour rien, mais de là à faire trembler Roger Federer du début à la fin du match!

Mental de fer

Le Suisse, avec l'assurance que lui autorise son gigantesque palmarès, a affirmé n'avoir jamais été inquiet. «Ce n'est pas le meilleur serveur du circuit, donc je savais que j'aurais l'occasion de revenir même après avoir été breaké», a affirmé le quadruple vainqueur de Wimbledon, toujours à la recherche de son premier succès à Paris.

Il fallait vraiment le mental de fer de Federer pour ne pas avoir peur quand Davydenko, superbe du fond du court, a mené 4 à 2 dans la première manche, quand il a servi pour le gain de la deuxième ou encore quand il a eu trois balles de set dans la dernière.

Tout s'est joué dans la tête, la meilleure arme de Federer, à égalité avec son coup droit et son service. Le Suisse, qui de tous les joueurs est celui qui supporte la pression la plus monstrueuse depuis son accession à la première place mondiale il y a trois ans, a encore montré son incroyable capacité à sortir des coups exceptionnels aux moments décisifs, ceux où Davydenko commettait ses plus grosses fautes.

Finale historique

Le mental de Nadal n'a rien à envier à celui de son grand rival, mais c'est bien à la force de son bras gauche surpuissant qu'il s'est ouvert la voie de sa troisième finale en autant de participations.

Djokovic, qui jouait sa première demi-finale de Grand Chelem à 20 ans, n'a rien pu faire contre le coup droit lifté de Nadal.

La finale de demain, que le Majorquin aborde en favori malgré sa récente défaite à Hambourg, restera dans les livres d'histoire du tennis quel qu'en soit le vainqueur.

Si c'est Nadal, il sera le premier à s'imposer trois fois de suite depuis Björn Borg, vainqueur quatre fois d'affilée (sur six) de 1978 à 1981. Si c'est Federer, la trace sera encore plus profonde puisqu'il sera seulement le troisième champion à détenir les quatre titres du Grand Chelem en même temps après l'Américain Donald Budge (1938) et l'Australien Rod Laver (1962, 1969).


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