L'emploi reprend son souffle
Mots clés : chômage, marché du travail, emploi, Économie, Canada (Pays), Québec (province)

Photo: Jacques Nadeau
Ce son de cloche pouvait également s'appliquer à l'économie canadienne dans son ensemble, puisque le marché du travail n'a créé que 9300 emplois après en avoir généré, par exemple, 55 000 en mars et 89 000 en janvier. Les gains ont été notés notamment en construction, dans les services publics et en restauration. Le taux de chômage est là aussi resté stable, affichant toujours un niveau de 6,1 % qui constitue un creux de 33 ans.
Le secteur manufacturier au Québec a fourni beaucoup de matières à réflexion. Car à la suite d'une perte de 10 000 emplois en avril, il en a vu disparaître seulement 1000 le mois dernier. «Le secteur semble écoper moins lourdement qu'au cours des mois précédents», a écrit Desjardins. Le mois de février, par exemple, s'était soldé par une véritable saignée de 33 000 emplois. «Accalmie ou point de retournement? Les pertes dans le secteur manufacturier ne sont certes pas terminées, surtout avec un dollar qui flirte avec la barre des 0,94 $US», a poursuivi l'équipe d'économistes.
Selon le Mouvement Desjardins, un certain nombre de compagnies manufacturières sont en recrutement «pour les prochains mois», notamment Ébénisterie Beaubois, Groupe Laperrière & Verreault, Belt-Tech et Steadfast, Jyco, etc. «Cependant, ces gains ne pourront vraisemblablement pas combler entièrement les pertes affichées ailleurs. Même si le portrait demeure sombre pour le manufacturier, il n'est pas entièrement noir. C'est à suivre... »
Depuis un an, la création d'emplois au Québec s'est chiffrée à 2 %, comparativement à 0,8 % en Ontario et 1,8 % au Canada. Toujours pour le Québec, le secteur public affiche une performance négative de 1,5 % (-12 000 emplois), alors que le secteur privé a progressé de 0,8 % (20 300). La catégorie des travailleurs autonomes a explosé, s'offrant 13 % ou 65 200 emplois.
La Banque du Canada n'en tiendra pas compte
La Financière Banque Nationale a estimé, dans un texte d'analyse transmis à ses clients, que même si «le secteur manufacturier pèsera probablement davantage sur la création d'emplois au cours des prochains mois en raison de l'appréciation du huard, la faiblesse des statistiques de ce matin ne suffit pas pour empêcher la Banque du Canada de hausser les taux le 10 juillet».
Le secteur manufacturier canadien a perdu près de 80 000 emplois depuis un an, toujours en raison de la valeur élevée du dollar canadien et de la concurrence étrangère, mais la mission première de la Banque du Canada est de contrôler l'inflation. Puisque l'inflation galopait en avril à 2,2 %, au-delà de sa cible de 2 %, la banque a carrément affirmé le 29 mai qu'il faudrait peut-être un jour relever les taux.
Lorsqu'elle augmente le taux directeur, la Banque du Canada tente d'influencer le comportement de l'économie, notamment des consommateurs et des entreprises, pour qui il devient plus cher d'emprunter pour acheter ou investir. Cela se traduisant par une baisse de pression sur les prix, le taux d'inflation a donc tendance à reculer.
Le taux directeur est présentement de 4,25 %, et bon nombre d'économistes s'attendent à ce que la banque le fasse grimper de plusieurs quarts de point de manière successive d'ici la fin de l'année. De tels gestes pourraient aussi avoir une influence à la hausse sur le dollar canadien, qui a terminé la journée d'hier à 94,32 ¢US après un gain de 0,30 ¢US.
Malgré l'apparente relâche du marché du travail le mois dernier, la Financière Banque Nationale a tout de même fait état de conditions qui restent «tendues», notamment en raison de l'augmentation des salaires.
Fait à noter, l'Alberta a perdu 7600 emplois en mai, mais son taux de chômage, bien qu'il ait augmenté, se situait néanmoins à 3,8 %.
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