Le bord du lac n'est pas le bord du trottoir

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Jean-Claude Vigor
Édition du samedi 09 et du dimanche 10 juin 2007

Mots clés : algues, jardins, aménagement, Eau, Flore, Québec (province)

Les rivages ne s'aménagent pas comme des jardins de ville

Voilà un aménagement respectueux de l'environnement. On devine la propriété. Le lac ne semble pas être habité.

Croyant bien faire, de nombreux jardiniers urbains transfèrent leur savoir-faire et leur vision de l'aménagement paysager sur leur propriété de campagne ou en bord de lac. À une différence près, toutefois: si l'emplacement du jardin de ville ou de banlieue requiert parfois des écrans visuels, celui d'un bord de lac impose le contraire, croient-ils: une vue imprenable! C'est alors qu'un bruit de moteur à deux temps retendit. S'ensuivent les craquements du bois lorsque les arbres expirent, tombant sur le terrain.

L'urbain sera alors maître de son bord de lac, y étendra de la terre, du gazon et tout ce qu'il faudra pour qu'il soit le plus vert, le plus dense, le plus soyeux possible. Pire encore, il s'en prendra aux herbiers de bordure, détruisant ainsi la zone littorale afin de pouvoir accéder à l'eau pour s'y baigner et être capable d'y faire descendre des bateaux et tout son matériel flottant...

Mais voilà, lorsqu'un herbier est détruit, c'est toute la faune qui est menacée: poissons, sauvagine et micro-organismes ne peuvent plus se protéger, se nourrir, se reproduire, et il y a rupture de l'équilibre biologique.

Puis, un jour, c'est le drame! Les algues bleues envahissent le lac et la baignade y devient interdite (70 lacs atteints en 2006).

Et pourtant, avec une pente douce, le jardinier peut créer un magnifique jardin d'eau et des herbiers d'une grande beauté. Après la plantation d'arbres bien choisis et judicieusement placés, il peut découvrir «son» lac avec plusieurs angles de vision, après avoir réinstallé de grands bosquets d'arbustes qui retiendront le sol et contribueront à stopper l'érosion et à remettre en état la bande riveraine.

Bien évidemment, le tout passe par le recours à un mode de jardinage raisonné, des fosses septiques très efficaces, le ramassage des rebuts, le contrôle des plantes aquatiques, la réduction des sédiments, la régulation du phosphore, etc. Bref, avant que le lac ne meure et que les algues bleues n'en prennent possession, il est indispensable que les riverains mettent en place des mesures de restauration. Pour cela, il faut être bien informé, bien conseillé, et il faut solliciter plus d'un avis. La restauration d'un lac est un processus qui demande connaissances et planification.

Si vous souhaitez vous procurer des plantes riveraines directement auprès d'un producteur, faites un tour à la pépinière Saint-Aubin à Saint-Alphonse-Rodriguez, 493, route Sainte-Béatrix. Vous y rencontrerez des jeunes qui ont le goût de relever ce défi: «Là où la nature prend ses racines!» Pour les joindre: tél: (450) 883-0981, 1 877 883-0980, pepinierestaubin@bellnet.ca.

Et, bien sûr, procurez-vous l'excellent livre de Robert Lapalme, Protéger et restaurer les lacs.

***

Vous aimeriez que je traite d'un sujet en particulier? Vous désirez que je réponde à votre question? Vous acceptez que le jardinier prenne son temps? Écrivez-moi!

jeanclaudevigor@videotron.ca

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Coup de coeur: une glycine en fleurs

La glycine japonaise (Wisteria floribunda) se caractérise par des grappes extrêmement longues, faisant entre 30 et 50 cm, dont les fleurs s'épanouissent lentement de la base jusqu'à l'extrémité. Elle dégage un léger parfum de miel. Mais voilà, pour obtenir une telle beauté, il faut non seulement de la patience, qui peut parfois s'étaler sur quelques années, mais aussi un certain doigté.

Contrairement à la croyance populaire, la glycine n'est pas une plante exigeante, du moins dans la grande région de Montréal (zone 5).

Voici quelques petites règles d'entretien à respecter.

- C'est une grimpante de plein soleil, mais elle supporte une ombre légère.

- Elle prolifère mieux en sol acide avec un pH de 5,5 et moins (dans la région de Montréal, le sol doit être acidifié).

- L'excès d'engrais azoté (symbole N) accentue la croissance du feuillage au détriment des fleurs. Dans ce cas, il est vivement conseillé de fournir au sol de la potasse (K) et du phosphore (P).

- Il ne faut pas laisser les tiges s'enrouler autour de leur support, car elles peuvent le tordre. Les gouttières et autres objets creux risquent d'être écrasés par la puissance de cette plante. Il est donc souvent conseillé de la faire pousser sur un câble d'acier.

- L'automne venu, il est préférable de la coucher au sol et de s'assurer que la neige la recouvre afin d'obtenir une bonne protection hivernale.

- Elle fleurit tôt vers la fin de mai ou le début de juin, selon la zone.

Une taille appropriée est essentielle pour obtenir sa floraison: armé d'un bon sécateur et de la volonté de contrôler votre glycine, vous n'aurez aucun mal à obtenir ce que vous voulez. Les fleurs apparaissant sur les tiges d'un an, il est très important de procéder à ces opérations de taille systématique.

Taille de printemps en mars ou avril

Elle consiste à couper les pousses dites secondaires nées l'année précédente. Vous les repérerez sans difficulté à leur couleur verte. Taillez ces pousses latérales en ne laissant que deux ou trois yeux (bourgeons) à partir du point de départ de la tige à tailler (on laisse de six à dix centimètres). Laissez deux ou trois bourgeons et taillez proprement au sécateur.

Taille d'été

Après la floraison, plusieurs tailles sont nécessaires pour contrôler la généreuse croissance des glycines. Coupez régulièrement les nouvelles pousses afin de favoriser la multiplication des boutons floraux (jusqu'à trois fois au cours de l'été si nécessaire) et, surtout, réduisez à 20 cm la longueur de toutes ces tiges qui se lancent dans le vide, atteignant en quelques semaines plus d'un mètre de long, et qui ne jouent pas un rôle indispensable dans la structure de la plante.

Dans les centres de jardinage, vous trouverez entre autres la glycine japonaise «Laurence», un bon choix.

Note: assurez-vous que la glycine que vous achetez est bien greffée. Une glycine issue de semis prendra beaucoup plus d'années avant de fleurir.

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Pour votre bibliothèque

Un ouvrage indispensable à tous ceux qui ont élu domicile en bordure d'un lac et à tous les jardiniers, agriculteurs, forestiers, etc., conscients que l'eau est un milieu fragile.

Raôul Duguay, qui honore la préface de ce livre, écrit cette jolie phrase: «L'eau de nos lacs a soif d'oxygène et de respect!»

Ce livre est divisé en deux grandes parties. Dans la première, Robert Lapalme explique l'écosystème aquatique, les composantes biologiques du milieu aquatique et les sources de pollution. Figures, dessins et photographies complètent ce bel exercice pédagogique en nous permettant de bien suivre et de comprendre.

Dans la deuxième partie du livre vient enfin l'espoir. Ce livre a pour principale vertu de nous proposer des solutions pratiques et réalistes.

Ce livre «nous apprend à prévenir la pollution de nos lacs en nous proposant des méthodes pour les protéger et en restaurer la beauté», affirme Raôul Duguay, représentant des Porteurs d'eau pour l'organisme Eau Secours.

J'ai rencontré pour la première fois Robert Lapalme et sa compagne Daniel Bilodeau alors qu'ils voulaient réorienter leur carrière et rêvaient de devenir producteurs horticoles. Ils revenaient d'un voyage en Europe et s'interrogeaient sur le fait que les nymphéas et autres plantes aquatiques étaient absentes de nos jardins, faute de bassins et de points d'eau pour les accueillir. De leur intense et inlassable labeur est né «À fleurs d'eau». C'est probablement grâce à eux que sont nés des milliers de petits et grands bassins dans les jardins du Québec.

À la suite de la production du livre Le Jardin d'eau, une vision écologique, par Danielle Bilodeau, et Comment créer un lac ou un étang, par Robert Lapalme, ces deux livres aux Éditions de Mortagne, voici maintenant:

PROTÉGER ET RESTAURER LES LACS

Robert Lapalme

Bertrand Dumont éditeur

(www.jardinplaisir.com)

2006, 192 pages, 260 photographies et illustrations

Prix: 28,95 $

***

La semaine du jardinier

- Samedi 9 juin, Sainte-Diane. Le calendrier lunaire nous indique deux belles journées «feuilles». Voilà le temps de planter et de transplanter tous les légumes feuilles du potager: laitues, bettes, choux, fenouil de Florence «Orion», persil plat, etc., à la condition que les conditions climatiques coopèrent, évidemment. Sinon, demain fera l'affaire.

- Dimanche 10 juin, Saint-Landry. Trouvailles champêtres est une fête familiale dans un des plus beaux jardins publics du Québec, de 10h à 16h. Entrée et stationnement gratuits. Visites guidées du jardin (départ à toutes les heures). Activités pour les enfants. Conférences et ateliers. Exposants et encan de plantes rares et inusitées. Rock Giguère, Didier Girol et moi-même vous y invitons. Où? Au jardin Van den Hende, à l'Université Laval, 2480, boulevard Hochelaga, à Québec (à l'angle de l'autoroute Robert-Bourassa et du boulevard Hochelaga).

- Lundi 11 juin, Saint-Barnabé. Si je me fie à mon calendrier lunaire, aujourd'hui, c'est un noeud lunaire, tandis que demain, la lune sera à son périgée. D'habitude, ces journées sont propices au repos du jardinier. Donc, aucune activité de jardinage. Dans un monde hyper industriel comme le nôtre, faut-il être complètement fou pour croire à des rythmes cosmiques? Mais qui est le plus fou, celui qui «turbine» sans réserve... ou celui qui «bulle» dans son hamac? L'avez-vous au moins installé, ce si précieux hamac? Prendre son temps et réfléchir avant d'agir: voilà qui devrait être une des devises des jardiniers.

- Mardi 12 juin, Saint-Guy. Pour piéger les limaces, on enterre de petits récipients remplis de bière. Attirées par l'odeur du malt, les limaces tombent et se noient. Mais un lecteur me demande ceci: bière avec ou sans alcool? Si bon nombre de jardiniers préfèrent avec, pour les limaces, c'est sans!

- Mercredi 13 juin, Saint-Antoine de Padoue. «Saint Antoine, peut-être pouvez-vous m'aider à retrouver l'espoir, celui de réchapper mes plants de lavande?» (Notes d'un lecteur.) Hélas, je soupçonne que vous ayez planté une espèce moins rustique comme L. dentata ou L. stoechas. Assurez-vous de planter des lavandes anglaises, par exemple L. angustifolia «Munstead» ou la plus petite, «Hidcote». (Il existe plus de 25 espèces de lavande et un grand nombre de cultivars.)

- Jeudi 14 juin, Saint-Élisée. Voilà une belle journée «racines». Semez des radis «Cherry Belle», des carottes «Little Finger», des salsifis «Mammouth des îles Sandwich», des betteraves «Chiogga», de la chicorée endive... C'est aussi le temps de couper les gourmands des plants de tomates «Indéterminées» et de bien attacher leur tige principale.

- Vendredi 15 juin, Sainte-Germaine. Il n'est pas trop tard pour éliminer toutes les tiges des framboisiers qui ont produit l'année dernière. Idéalement, selon les cultivars, on ne conserve que de 10 à 15 tiges (les plus belles ayant poussé l'année passée) par mètre linéaire. Trop souvent, la framboiseraie devient une jungle peu contrôlée qui produit plus de bois que de framboises.


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