Entrée en vigueur de la liste des passagers indésirables - Ne partez pas sans votre enfant!
Mots clés : identité, passagers indésirables, Enfant, Transport aérien, Canada (Pays)
Vous comptez aller dans les Maritimes en avion durant vos vacances? Votre enfant de douze ans vous accompagnera? N'oubliez pas de lui procurer une carte d'identité avec photo!

Photo: Jacques Grenier
Les députés déplorent que la mesure n'ait été publicisée que cette semaine. (Vous avez peut-être remarqué la publicité de Transports Canada dans votre quotidien préféré. «Avis à toutes les personnes qui semblent âgées de 12 ans ou plus», était-il écrit.) «J'appréhende l'été, a lancé la libérale Sue Barnes. Les bureaux de circonscription de députés seront inondés d'appels pour de fausses identifications.»
Les députés s'inquiètent surtout pour les enfants. «Il n'est pas très commun qu'un enfant de 12 ans traîne sur lui des papiers d'identité», fait valoir le député libéral Joe Volpe. Brion Brandt, un fonctionnaire de Transports Canada, a indiqué que les responsables feront probablement preuve de «flexibilité» au cours des premiers mois d'opération du programme.
Liste contestée
Une telle liste de passagers indésirables, qui existe déjà aux États-Unis, est très contestée, entre autres parce qu'on ignore pourquoi une personne serait suffisamment dangereuse pour être interdite de vol mais pas assez pour être arrêtée.
Deux députés conservateurs présents au comité hier ont d'ailleurs vertement critiqué le projet de leur gouvernement. Et pour cause. Ces deux députés, Gord Brown et John Williams, ont des homonymes figurant sur la «no-fly list» américaine. Cela les retarde chaque fois qu'ils se présentent à l'aéroport pour des vols domestiques canadiens puisque, faute de liste canadienne, les compagnies aériennes consultent la version américaine.
«Je n'ai aucune confiance en ce programme», a lancé M. Brown, qui dit partager les préoccupations de son collègue du NPD, Joe Comartin. M. Comartin venait de qualifier la liste de «stupide».
C'est en partie pour cette raison que le Canada a décidé d'imiter les États-Unis. En se dotant d'une liste maison, le Canada espère reprendre le contrôle de la situation. Pourtant, rien n'est moins sûr, car les compagnies aériennes ont déjà fait savoir qu'elles continueraient de consulter la liste américaine en plus de la canadienne.
«Nous déconseillons fortement les compagnies aériennes d'utiliser la liste américaine pour les vols domestiques [canadiens]», a déclaré le fonctionnaire Brandt. Il a même soutenu que des «conversations» avaient eu lieu entre le gouvernement fédéral et les représentants de l'industrie. Mais devant les journalistes, M. Brandt a reconnu l'impuissance d'Ottawa. «C'est maintenant leur décision. Nous ne sommes pas capables de dire aux compagnies aériennes comment faire leurs affaires.»
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