Entrée en vigueur de la liste des passagers indésirables - Ne partez pas sans votre enfant!

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Hélène Buzzetti
Édition du vendredi 08 juin 2007

Mots clés : identité, passagers indésirables, Enfant, Transport aérien, Canada (Pays)

Vous comptez aller dans les Maritimes en avion durant vos vacances? Votre enfant de douze ans vous accompagnera? N'oubliez pas de lui procurer une carte d'identité avec photo!

Photo: Jacques Grenier

À vos papiers, voyageurs! Et cela comprend vos enfants «qui semblent âgés» de 12 ans ou plus. Car dans 10 jours, la liste de passagers indésirables made in Canada entrera en vigueur et, à défaut de pouvoir vous identifier, vous pourriez rester sur le tarmac même si votre vol ne quitte pas le Canada.

Ottawa -- Le Parlement fédéral est peut-être minoritaire et abonné à l'affrontement, il régnait hier autour d'une table de comité parlementaire une rare unanimité. Les députés fédéraux, tous partis confondus, craignent d'être inondés cet été de plaintes de commettants dont les vacances auront été gâchées faute d'avoir pu prendre l'avion. Leur émoi s'explique par l'entrée en vigueur, le 18 juin prochain, de la liste canadienne de passagers aériens indésirables, dite «no-fly». Cette liste, tenue secrète, contiendra le nom de personnes présumées dangereuses pour la sécurité aérienne et donc non autorisées à monter à bord d'un avion. Pour s'assurer que le détenteur d'un billet n'y figure pas, on demandera à ce dernier de s'identifier. Avec un passeport, un permis de conduire ou tout autre document comportant une photo. Même pour les vols domestiques.

Les députés déplorent que la mesure n'ait été publicisée que cette semaine. (Vous avez peut-être remarqué la publicité de Transports Canada dans votre quotidien préféré. «Avis à toutes les personnes qui semblent âgées de 12 ans ou plus», était-il écrit.) «J'appréhende l'été, a lancé la libérale Sue Barnes. Les bureaux de circonscription de députés seront inondés d'appels pour de fausses identifications.»

Les députés s'inquiètent surtout pour les enfants. «Il n'est pas très commun qu'un enfant de 12 ans traîne sur lui des papiers d'identité», fait valoir le député libéral Joe Volpe. Brion Brandt, un fonctionnaire de Transports Canada, a indiqué que les responsables feront probablement preuve de «flexibilité» au cours des premiers mois d'opération du programme.

Liste contestée

Une telle liste de passagers indésirables, qui existe déjà aux États-Unis, est très contestée, entre autres parce qu'on ignore pourquoi une personne serait suffisamment dangereuse pour être interdite de vol mais pas assez pour être arrêtée.

Deux députés conservateurs présents au comité hier ont d'ailleurs vertement critiqué le projet de leur gouvernement. Et pour cause. Ces deux députés, Gord Brown et John Williams, ont des homonymes figurant sur la «no-fly list» américaine. Cela les retarde chaque fois qu'ils se présentent à l'aéroport pour des vols domestiques canadiens puisque, faute de liste canadienne, les compagnies aériennes consultent la version américaine.

«Je n'ai aucune confiance en ce programme», a lancé M. Brown, qui dit partager les préoccupations de son collègue du NPD, Joe Comartin. M. Comartin venait de qualifier la liste de «stupide».

C'est en partie pour cette raison que le Canada a décidé d'imiter les États-Unis. En se dotant d'une liste maison, le Canada espère reprendre le contrôle de la situation. Pourtant, rien n'est moins sûr, car les compagnies aériennes ont déjà fait savoir qu'elles continueraient de consulter la liste américaine en plus de la canadienne.

«Nous déconseillons fortement les compagnies aériennes d'utiliser la liste américaine pour les vols domestiques [canadiens]», a déclaré le fonctionnaire Brandt. Il a même soutenu que des «conversations» avaient eu lieu entre le gouvernement fédéral et les représentants de l'industrie. Mais devant les journalistes, M. Brandt a reconnu l'impuissance d'Ottawa. «C'est maintenant leur décision. Nous ne sommes pas capables de dire aux compagnies aériennes comment faire leurs affaires.»


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