Vos réactions

Félicitations, Madame la ministre, et bon courage !

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Jules Bélanger
Envoyé Le mercredi 06 juin 2007 21:00



C'est du sabotage, Madame la ministre !

La recommandation de vos fonctionnaires à l'effet d'oublier les fautes de français dans
les copies de nos cégépiens et que vous avez heureusement décidé de mettre à la
poubelle est ni plus ni moins qu'un acte de sabotage. Je vous félicite donc de votre
décision claire et rapide. Aussi, je vous souhaite beaucoup de courage pour obtenir que ladite
recommandation crève vraiment car, c'est bien connu, les fonctionnaires sont très forts.

Décider qu'on peut diplômer un collégien incapable d'écrire dans sa langue maternelle,
c'est saboter chez nous l'avenir de la langue française, l'avenir de la culture, l'avenir de
nos collégiens et partant l'avenir de notre société. Ces fonctionnaires de votre Ministère
affirment sans gêne qu'il importe peu, pour réussir sa vie ou accéder à l'université, de
savoir formuler sa pensée et la communiquer en des mots et des phrases selon des
conventions établies. Aberration éhontée ! Scandaleuse entreprise de démolition !

Ils ne sont pas les premiers à prêcher une telle décadence, un tel accommodement
déraisonnable à la démission devant l'effort intellectuel. Il y a plus de 35 ans, certains
de leurs prédécesseurs, ou maîtres à penser, sont venus dans nos régions dire à nos
enseignants du secondaire qu'il ne fallait pas s'inquiéter de la faiblesse du français écrit
de leurs élèves puisque c'était l'expression orale qui importait. Par la suite, j'ai vu des
copies d'élèves de cégep criblées de quatre à cinq fautes par ligne, à pleine page. À
peu près une faute par mot, parfois deux. Devais-je alors consacrer une partie du cours à
leur enseigner l'accord des adjectifs ou la conjugaison des verbes pendant que la
classe attendrait de moi le cours de littérature annoncé? M'étant un jour indigné auprès de
mon directeur général qu'on admette au cégep des élèves aussi mal préparés, il me
répondit, sympathisant : Que veux-tu ? Ces élèves-là sont titulaires d'un certificat
d'études secondaires signé par le ministre de l'Éducation.

En plus de vous féliciter et de vous souhaiter beaucoup de courage, Madame la ministre,
comme il s'agit d'un acte de sabotage, je souhaite ardemment que vous preniez les
dispositions disciplinaires qui s'imposent dans les circonstances. Les auteurs de tels
méfaits doivent être neutralisés. Leurs oeuvres aussi.


Jules Bélanger, O.Q.,
ex-professeur de français
au Cégep de la Gaspésie et des Îles

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com