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Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Envoyé Le mercredi 06 juin 2007 15:00



Déplorer la minable maîtrise de la langue française dont font montre les étudiants du secondaire, du collégial et de l'université n'avance à rien à rien d'autre qu'à mettre sur pied des services de récupération pour les étudiants les plus faibles, l'université tentant de corriger les lacunes qu'elle attribue au collégial, et le collégial, celles qu'il attribue au secondaire. Dans la même logique, les titulaires du primaire ne peuvent que s'en prendre aux parents.
Il faut briser ce cercle vicieux. Le gouvernement du Québec doit sélectionner dès le secondaire les premiers de classe (en langue comme en d'autres disciplines) et les encourager à se diriger vers l'enseignement en payant en totalité leurs études, du collégial à l'université. Le coût relativement élevé d'une telle mesure ferait par ailleurs que, dans quelque dix ans, l'école primaire compterait des enseignants qui savent lire et écrire et, surtout, qui aiment lire et écrire. Au besoin, les cours de français pourraient être dispensés par des « spécialistes » de la langue maternelle, comme il est normal de le faire en enseignement de l'anglais.
À défaut d'une telle mesure, la plupart des enseignants du primaire continueront d'enseigner à lire et à écrire alors qu'ils n'aiment pas lire et écrire et qu'ils ne maîtrisent pas leur langue maternelle, envoyant chaque année au secondaire des élèves pour qui l'apprentissage du français tient du cauchemar.
Bien sûr qu'il faut tenir compte des forces des élèves. Mais où diable peuvent-ils les développer ?
Roland Berger
London, Ontario

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