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Le MEQ régi par la loi du moindre effort

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Marie-Josée Rhéaume
Envoyé Le mercredi 06 juin 2007 15:00



J'enseigne la philo au cégep et viens de terminer mes corrections de fin de session. Quelle épreuve ! Les fautes de langue les plus fréquentes ne sont pas seulement liées aux difficultés de la langue française. Voyez deux exemples des plus courants : « on identifie l'être humain pas ses actions qu'on ne peut avoir contrôle... on va s'intéresser sur quoi la conscience nous définient ... » et « c'est deux penseur croient en la différence et un distinction entre l'homme et l'animal ... c'est la libertée qui nous poussent à prendre de désision. » Mes recherches personnelles confirment que plus l'élève écrit mal, plus il a de la difficulté à comprendre un texte moindrement complexe. En effet, la performance des élèves dans les cours de philosophie est corrélée à leur performance dans les cours de français.

Le MEQ cherche à augmenter le taux de réussite à tous les échelons scolaires. Ses réformes pédagogiques visent la réussite du plus grand nombre. Cette norme sert notamment à l'évaluation institutionnelle des enseignements. Si bien que, d'une part, un département peut être obligé d'appliquer une politique institutionnelle voulant que 10 % de la note d'un travail soit réservée au français, alors que, d'autre part, il est contraint d'adopter une règle compensatoire spécifiant que nul ne peut échouer un cours à cause du français. L'on aura compris que beaucoup d'élèves de philosophie perdent 10 % de leurs points à cause du français. Le MEQ semble donc vouloir officialiser ce qui se pratique déjà.

Pour sortir de l'impasse, l'on doit réfléchir au sens de l'égalité et de la justice, qui fondent la croyance que tous peuvent réussir, et aux moyens de cette réussite. Quand, depuis le primaire, on met tous les élèves ensemble et que l'échec est proscrit, on se retrouve à l'université avec des professeurs qui attribuent « des notes souvent dans le doute... parce que les réponses aux questions manquent de cohérence et d'à-propos » comme le dit Pierre-Philippe plus haut. Mais aussi, on pénalise les meilleurs élèves qui ont tendance à partir au privé. La solution est peut-être de ne pas mettre tous les élèves dans la même classe et de revoir l'objectif terminal des cours en fonction de la réalité. À l'école publique, tous les élèves devraient avoir le droit de développer pleinement leur potentiel intellectuel, et ce, sans que les professeurs soient coincés par des exigences qui sont difficiles à concilier honnêtement.

Marie-Josée Rhéaume

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