Fini les fautes de français au cégep ?
Mots clés : Langue, enseignement, fautes de français, Français (langue), Québec (province)
Québec suggère de ne plus compter le nombre de fautes à l'épreuve de français
Le ministère de l'Éducation envisage de ne plus comptabiliser systématiquement les fautes d'orthographe, de syntaxe et de ponctuation dans la correction de l'épreuve uniforme de français au collégial, dont la réussite est obligatoire pour l'obtention du DEC. Un rapport recommande de troquer le décompte des fautes pour une évaluation «qualitative», dite «holistique», afin de mesurer la maîtrise du français.Pour l'heure, on comptabilise le nombre de fautes de syntaxe, de ponctuation, de grammaire et d'orthographe, ainsi que la précision et la variété du vocabulaire pour attribuer une note sur la qualité de la langue. L'étudiant qui commet moins de neuf fautes aura un A, celui qui en a entre 10 et 19 s'en tirera avec un B et on attribuera un C à celui qui fait entre 20 et 30 fautes. L'échec survient lorsqu'on recense plus de 30 fautes dans la copie d'un étudiant. Outre la maîtrise de la langue, les correcteurs évaluent également la compréhension des textes littéraires à propos desquels l'étudiant doit disserter et la qualité de son argumentation ainsi que la structure de son texte.
Le document produit par la direction de l'enseignement collégial du MELS préconise de renoncer à l'évaluation «quantitative» de la maîtrise du français pour adopter une approche «holistique». Le correcteur devrait ainsi juger si l'étudiant maîtrise de façon satisfaisante ou pas la syntaxe et la ponctuation, les accords grammaticaux ainsi que l'orthographe. Il évaluerait également la justesse et la variété du vocabulaire employé.
«Cela se fait ainsi partout sauf chez nous; c'est déjà comme cela pour l'épreuve uniforme d'anglais langue maternelle», fait valoir le directeur de l'enseignement collégial au ministère, Christian Ragusich. Il souligne que la méthode actuelle peut par exemple pénaliser exagérément un étudiant qui ne maîtrise pas une notion précise de syntaxe, qui lui vaut plusieurs «fautes», mais dont le texte est par ailleurs bien écrit. «Quand viendra le temps de décider si un étudiant passe ou pas, cela ne sera plus seulement une addition du nombre de fautes de un à trente. On regarderait la lisibilité du texte», poursuit M. Ragusich en entrevue au Devoir.
Le taux de réussite à l'épreuve uniforme de français, administrée depuis 1996, oscille généralement autour de 85 % (il était cependant de 81 % l'an dernier). La majeure partie des échecs sont attribuables à une maîtrise insuffisante de la langue. Le rapport note que 12,9 % des collégiens échouent à cet aspect de l'épreuve uniforme, comparativement à seulement 5,8 % pour l'épreuve uniforme d'anglais, où la maîtrise de cette langue fait déjà l'objet d'une évaluation «holistique». Notons qu'il faut nécessairement obtenir la note de passage au chapitre de la maîtrise de la langue pour réussir l'épreuve dans son ensemble.
Le directeur de l'enseignement collégial nie toute tentative de niveler vers le bas pour améliorer le taux de réussite, soulignant que les critères de maîtrise de la langue feront toujours l'objet d'une évaluation.
Ce n'est pas l'avis du président de l'Association des professionnels de l'enseignement du français au collégial, Gérald Gaudet. «On essaie de baisser le niveau pour atteindre de meilleurs taux de réussite, alors que le niveau est déjà bas. C'est déplorable», critique M. Gaudet.
Il juge irréaliste l'emploi d'une approche d'évaluation qualitative ou holistique. «Cela laisse place à beaucoup de subjectivité. [...] On ne peut pas faire la correction de la langue si on ne se base pas sur quelque chose de normatif. Je ne vois pas comment cela peut être appliqué», fait observer M. Gaudet.
Le document sera soumis à un comité du ministère, formé d'enseignants, de représentants des collèges et des universités, chargé de revoir l'ensemble de la formation générale au collégial. Le directeur de l'enseignement collégial souligne qu'une telle approche, si elle était retenue au terme des travaux du comité, devrait faire l'objet d'un projet-pilote avant que des recommandations soient formulées à la ministre de l'Éducation pour la révision de l'épreuve.
Peu d'intervenants contactés par Le Devoir avaient eu le temps de prendre connaissance de l'ensemble du rapport, publié en mai. C'est notamment le cas de la Fédération des cégeps, qui espère que le gouvernement la consultera en bonne et due forme avant d'aller de l'avant.
À la Fédération des enseignants du collégial (FEC-CSQ), on indique que l'approche «holistique» n'est pas très bien reçue. «On veut bien souligner les forces de l'étudiant, mais il faut aussi mesurer ses faiblesses, pour lui en faire part et qu'il s'améliore. Cela n'a pas beaucoup d'allure», déclare le président de la FEC, Mario Beauchemin.
Son collègue vice-président de la Fédération nationale des enseignants (FNEEQ-CSN), Jean Trudelle, est moins tranché. Il estime qu'il peut être intéressant de simplifier la grille de correction, pour en retirer des critères «tatillons» qui pourraient jouer contre les étudiants. «Mais il ne faut pas que cela devienne une passoire», avertit M. Trudelle, promettant d'avoir le ministère à l'oeil lorsque viendra le temps de l'application.
Autres aspects
Si l'approche de correction dite «holistique» est reçue plutôt fraîchement, d'autres aspects suscitent cependant de bonnes réactions du côté des enseignants. Le rapport de M. Berger suggère entre autres d'introduire des traductions d'oeuvres étrangères dans les textes soumis. «C'est très intéressant en période de mondialisation», s'exclame le professeur de français Gérald Gaudet.
On ouvre également la porte à l'étude d'oeuvres qui ne seraient pas des textes de fiction. Si le rapport était adopté tel quel, les étudiants pourraient par ailleurs choisir entre quatre questions différentes plutôt que trois. Pour tenir compte du temps de lecture des textes, le nombre minimal de mots requis passerait par conséquent de 900 à 800.
Vos réactions
Je suis d'accord menn - par Benjamin Leduc (benjamin_leduc1993@hotmail.com)
Le mardi 20 novembre 2007 13:00
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Le jeudi 07 juin 2007 11:00
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Le mercredi 06 juin 2007 21:00
Prendre le temps de bien faire ... - par France Marchand
Le mercredi 06 juin 2007 17:00
La note de passage du ministère... - par Jean Desjardins (jean-desjardins@videotron.ca)
Le mercredi 06 juin 2007 16:00
Ca va faire ! - par Bernard Charron
Le mercredi 06 juin 2007 16:00
Une langue pas pire - par François Rioux
Le mercredi 06 juin 2007 16:00
Ce que pense une enseignante en français au collégial, en l'occurrence moi... - par David Nadeau
Le mercredi 06 juin 2007 16:00
Remonter à la source - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le mercredi 06 juin 2007 15:00
On en aura bientôt fini de l'identité québécoise - par Gilles Marcouiller
Le mercredi 06 juin 2007 15:00
Le MEQ régi par la loi du moindre effort - par Marie-Josée Rhéaume
Le mercredi 06 juin 2007 15:00
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Le mercredi 06 juin 2007 14:00
Excellente nouvelle - par claude poulin (poulin.claude@videotron.ca)
Le mercredi 06 juin 2007 13:00
C'est tout l'Occident qui devient formé de techniciens analphabètes - par Michel Simard
Le mercredi 06 juin 2007 13:00
Une 4ième année en 1920 était mieux - par andré michaud
Le mercredi 06 juin 2007 13:00
Haro sur la bêtise ! - par Pierre Philippe
Le mercredi 06 juin 2007 12:00
Une explication partielle - par Michael Laughrea (mi.laughrea@mcgill.ca)
Le mercredi 06 juin 2007 11:00
L'éducation au Québec: former des imbéciles heureux... c'est là que j'ai coulé - par Sylvain Racine (sracine@gmail.com)
Le mercredi 06 juin 2007 11:00
On ne peut enseigner ce qu'on ne connaît pas! - par Pierre Samuel
Le mercredi 06 juin 2007 11:00
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Le mercredi 06 juin 2007 11:00
Le déclin - par Louis Cousineau (lc.nl@sympatico.ca)
Le mercredi 06 juin 2007 11:00
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Le mercredi 06 juin 2007 11:00
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Le mercredi 06 juin 2007 09:00
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Le mercredi 06 juin 2007 08:00
Nous parlons/écrivons déjà mal au Québec... - par Michael F. Layman
Le mercredi 06 juin 2007 07:00
Bouillie de fonctionnaire!!! - par Claude Carrier
Le mercredi 06 juin 2007 07:00
Le système d'éducation est très malade - par Michèle Bourgon
Le mercredi 06 juin 2007 06:00
Nivellement par le bas, encore et toujours - par Robert Henri
Le mercredi 06 juin 2007 06:00
Injuste - par Mi. Metz
Le mercredi 06 juin 2007 02:00

