Colombie - 56 membres des FARC sont démobilisés

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AFP
Édition du mercredi 06 juin 2007

Mots clés : Rodrigo Granda, FARC, Gouvernement, Colombie (Pays)

Rodrigo Granda est nommé par le gouvernement «représentant» des FARC

Pendant qu'un premier groupe de 56 guérilleros des FARC, graciés par le gouvernement, est arrivé hier au centre de loisirs de Chicoral, dans le département de Tolima, Bogotá a annoncé avoir confié une mission de paix à Rodrigo Granda, un chef de la guérilla ayant été libéré lundi.

Les guérilleros libérés ont pris leurs quartiers dans les bungalows du centre de loisirs, avant de retrouver officiellement leur liberté. «Ils seront soumis à un suivi psychologique et pourront entamer une formation s'ils le désirent», a indiqué un représentant de la direction des prisons (INPEC).

Les guérilleros démobilisés, qui se cachaient le visage à leur arrivée au centre pour éviter d'être identifiés, se sont engagés formellement à renoncer à la lutte armée. Le secrétariat des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) les a récemment qualifiés de traîtres.

Le président Alvaro Uribe a indiqué lundi soir, au cours d'une allocution télévisée, que la libération massive de guérilleros commencerait hier et se poursuivrait jusqu'à demain. Plus de 150 rebelles repentis seront libérés, a-t-il annoncé, précisant cependant qu'une vingtaine d'entre eux retourneraient en prison.

Un émissaire

Aux termes d'un décret publié hier, Rodrigo Granda est désormais considéré par le gouvernement comme le «représentant» des FARC «pour effectuer des démarches de paix».

Cette mesure implique la suspension de poursuites intentées contre M. Granda, recherché au Paraguay, où il est accusé de complicité dans l'enlèvement et l'assassinat en 2005 de Cecilia Cubas, la fille de l'ancien président paraguayen, Raul Cubas.

Selon le décret du gouvernement, la qualité de représentant octroyée à M. Granda «sera en vigueur pendant la durée des démarches en question».

Rodrigo Granda, considéré comme le ministre des Affaires étrangères des FARC, a été remis en liberté lundi, à la demande du président français, Nicolas Sarkozy.

Le président français «espère désormais que ce développement sera entendu par les FARC et que celles-ci y répondront», a indiqué un communiqué de la présidence française.

La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate écologiste à la présidence de la Colombie, est détenue par les FARC depuis février 2002.

Les FARC, première guérilla en Colombie avec 17 000 hommes, réclament la libération, par le gouvernement colombien, de 500 de leurs hommes en échange de 56 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains.

Granda serait reconnu par la guérilla des FARC comme médiateur en vue d'un échange, a déclaré hier Astrid Betancourt, soeur de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.

Granda «a été validé par les FARC comme médiateur reconnu par elles» pour faire des démarches conduisant à un accord humanitaire d'échange, a déclaré Astrid Betancourt à Paris, à la radio colombienne Caracol, quelques heures après s'être entretenue avec le président français, Nicolas Sarkozy.

Selon Astrid Betancourt, «ce que l'on peut déduire, c'est que les FARC avalisent la libération de Rodrigo Granda, même s'il n'y a eu aucun engagement» pour le moment.

La mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, a déclaré que «Granda ne serait pas sorti sans le feu vert du secrétariat des FARC», l'organe dirigeant de la guérilla.

«À présent, nous attendons que les FARC fassent aussi un geste de bonne volonté et qu'elles libèrent des personnes enlevées», a déclaré la soeur d'Ingrid Betancourt à la radio Caracol.


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