« La Russie n'est pas notre ennemie » - Bush tente d'apaiser Poutine mais le critique sur ses réformes

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AFP , Reuters
Édition du mercredi 06 juin 2007

Mots clés : projet antimissile, Vladimir Poutine, George W. Bush, Armement, Russie (pays), États-Unis (pays)

George W. Bush, hier, à son arrivée à Rostock.

Photo: Agence Reuters

Le président George W. Bush a offert hier à la Russie de coopérer à son controversé projet antimissile en Europe, afin de dissiper les craintes d'un retour à la guerre froide, mais il a sévèrement critiqué l'état de la démocratie sous Vladimir Poutine à la veille du G8.

«La Russie n'est pas notre ennemie», a déclaré Bush en République tchèque, l'un des deux pays européens, avec la Pologne, qui devraient accueillir des éléments de ce dispositif d'interception de missiles hostiles. «Mon attitude sur la défense antimissile est qu'il s'agit d'une mesure purement défensive, qui ne vise pas la Russie», a déclaré Bush lors d'une conférence de presse tenue à Prague.

«Mon message [au président russe Vladimir Poutine] sera que vous ne devriez pas craindre le système de défense antimissile. Pourquoi ne coopéreriez-vous pas au système de défense antimissile? Pourquoi ne collaboreriez-vous pas avec les États-Unis? Envoyez vos généraux pour qu'ils voient comment le système fonctionne, envoyez vos scientifiques.»

Mais, hier après-midi, Goerge W, Bush a pris le risque d'ajouter aux multiples crispations russes, deux jours avant une rencontre avec M. Poutine qui risque de tourner à la grande explication.

«En Russie, on a fait dérailler les réformes qui promettaient de donner le pouvoir au peuple, avec de troublantes conséquences pour l'évolution démocratique», a lancé M. Bush devant une conférence rassemblant des dissidents et des avocats de la démocratie.

Un porte-parole du Kremlin a immédiatement rejeté ces critiques. «Nous ne pouvons pas être d'accord avec les propos» du président Bush, a déclaré en Allemagne le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov.

«La Russie est un pays démocratique qui partage des valeurs mondiales et européennes communes», a-t-il ajouté, en réitérant les critiques russes à l'encontre du bouclier antimissile américain.

Cette querelle n'est que le plus spectaculaire d'une série de contentieux entre les Russes, d'une part, et les Américains mais aussi les Européens, de l'autre.

M. Bush a reconnu l'existence d'importants désaccords avec M. Poutine, à commencer par la question des libertés. Il a associé la Russie et la Chine dans les mêmes critiques.

Il s'en est en effet également pris à la Chine: «Les dirigeants chinois croient qu'ils peuvent continuer d'ouvrir l'économie du pays sans également ouvrir son système politique.»

Mais Bush a noté les «solides relations de travail» des États-Unis avec ces deux pays. «La faculté de parler ouvertement de nos désaccords fait partie de bonnes relations.»


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