Louise Beaudoin presse le Canada d'être plus généreux avec la Francophonie

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Édition du mardi 05 juin 2007

Mots clés : Bernard Kouchner, Francophonie, Louise Beaudoin, Francophone, Canada (Pays), Québec (province)

Paris -- Parce qu'il est «bourré de fric», le Canada doit augmenter sa contribution à la Francophonie, estime l'ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin.

«Je ne conçois pas que la Francophonie puisse continuer à évoluer sans que le Canada mette plus d'argent», a prévenu l'ancienne ministre péquiste, hier à Paris, à l'issue d'une rencontre avec le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

Le fondateur de Médecins sans frontières, qu'elle connaît depuis un certain temps, avait invité Louise Beaudoin à un déjeuner au Quai d'Orsay, avec une demi-douzaine de convives. Apparemment, Mme Beaudoin -- qui possède toujours de bons réseaux en France -- est ainsi devenue la première personnalité québécoise à prendre contact avec le nouveau gouvernement français.

«Bernard Kouchner m'a invitée par amitié, et j'ai accepté à titre personnel. Je ne représentais personne», a expliqué Mme Beaudoin, qui s'est reconvertie depuis quelques années dans la Francophonie, notamment en tant que professeure invitée à l'Université de Lyon.

C'est à ce titre qu'elle a donné son sentiment sur l'avenir de la Francophonie et l'avenir de la langue française.

«La France finance 75 % de la Francophonie [contre environ 20 % pour le Canada] et après on vient se plaindre que ça soit de plus en plus une affaire franco-française, a-t-elle lancé. Tous les pays membres doivent faire leur part, et le Canada, qui est bourré de fric, au premier chef.»

L'ancienne ministre a rappelé que Nicolas Sarkozy avait promis pendant la campagne présidentielle de mettre la Francophonie «au rang des priorités diplomatiques de la France», tout en plaidant pour une «troisième Francophonie», tournée davantage vers le politique et l'économique, dans le contexte de la mondialisation.

Mme Beaudoin, qui a donné à Lyon des cours sur la Francophonie et la mondialisation, s'en réjouit, elle qui espère que la «rupture (prônée par le président Sarkozy) ait un sens en Francophonie aussi».

Elle signale toutefois que l'on ignore toujours à quelle enseigne logera la Francophonie dans le gouvernement dirigé par le premier ministre, François Fillon.

Le secrétaire d'État, qui doit encore être nommé, relèvera-t-il toujours du ministère des Affaires étrangères ou du très controversé ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale? Si cette dernière hypothèse semble désormais écartée, la question n'est pas encore tout à fait réglée. Pour Mme Beaudoin en tout cas, la réponse «coule de source»: «la Francophonie doit être un élément de la politique étrangère de la France».


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