Les consommateurs craignent de se faire refiler la hausse d'impôt imposée aux pétrolières et aux banques
Mots clés : impôts, pétrole, Monique Jérôme-Forget, Automobile, Consommateur, Canada (Pays), Québec (province)
La hausse du taux d'imposition des sociétés de raffinage de pétrole, annoncée hier par la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget, a mis aux aguets les associations qui défendent les consommateurs et automobilistes.
CAA et consommateurs
Au CAA-Québec, cependant, on a trouvé louable le fait que le gouvernement ait choisi de viser des entreprises qui sont extrêmement profitables afin de financer les services supplémentaires qui ont été ajoutés pour l'aide aux enfants en difficulté, les soins à domicile et le soutien aux régions-ressources.
«On souhaite que le gouvernement va aussi s'assurer d'avoir un mécanisme, pour ne pas que ça soit refilé, la facture, au bout du compte, au consommateur. Tout comme le plan vert, on a la même inquiétude: quand il va s'appliquer, est-ce que ça va s'appliquer au consommateur, la redevance verte?», s'est demandée la porte-parole du CAA-Québec, Roxanne Héroux.
À l'Union des consommateurs, le porte-parole Charles Tanguay fait remarquer que les pétrolières et les banques, qui sont aussi frappées par cette hausse de leur taux d'imposition, sont également visées par une réduction, voire même une disparition, de la taxe sur le capital, comme toutes les autres entreprises. Pour elles, souligne M. Tanguay, la situation peut donc s'équilibrer et il n'y aurait pas de raison de refiler la facture au consommateur.
«La baisse de la taxe sur le capital profitait déjà à ces deux secteurs-là, les banques et les pétrolières, donc cette hausse de l'impôt va annuler, à peu de choses près, l'effet. Donc, en principe, ils ne devraient pas nous refiler de hausse, puisque hausse il n'y a pas», a commenté M. Tanguay en entrevue.
Entreprise indépendante
À la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, le vice-président pour le Québec Simon Prévost déplorait par principe toute hausse du fardeau fiscal, même si celle-ci frappait de grandes entreprises largement rentables. «C'est une solution de facilité», a-t-il commenté en entrevue.
M. Prévost aurait préféré que le gouvernement trouve d'autres moyens de financer ces services supplémentaires, par exemple en révisant certains programmes.
«Ça pourrait leur donner la tentation» de refiler la facture aux consommateurs, déplore-t-il, en faisant référence aux banques et à leurs frais d'administration, ainsi qu'aux pétrolières et aux prix de l'essence.
M. Prévost fait cependant valoir que ces grandes entreprises demeurent ainsi moins imposées au Québec qu'ailleurs au pays. «À 11,9 % [de taux d'imposition], ces entreprises-là paient encore moins d'impôt au Québec qu'elles en paient dans les autres provinces. Elles demeurent très "compétitives" sur le plan fiscal, ce qui n'est pas le cas des PME, qui paient deux fois plus d'impôt au Québec qu'ailleurs, donc 8 % contre 4», a-t-il soutenu.

