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Crise budgétaire: La prolongation de la campagne électorale
Si nous, le peuple, sommes trahis, ce n'est certainement pas uniquement par Jean Charest. Car, contrairement à ce qui se passe au Québec depuis plus de cent ans, notre mandat de faire en sorte que ça fonctionne, a été donné à l'Assemblée nationale et non à un parti ou à un autre. Que cesse immédiatement cette chicane stérile sur la responsabilité des uns et des autres. Messieurs Dame de l'Assemblée nationale vous n'êtes pas à la hauteur du mandat que nous vous avons confié le 26 mars dernier. Vous n'êtes qu'à la hauteur de votre petitesse politique : jouir à tous prix des prérogatives du pouvoir.
On ne veut pas d'élections ? Parfait ! Qu'il soit alors demandé à l'ADQ de former le gouvernement et de préparer un budget. L'éventuel budget adéquiste est défait ? Qu'on demande la même chose aux Péquistes. Puisque la logique de revanche prévaudra, le budget péquiste ne sera pas adopté et alors nous pourrons aller en élections. Nous serons déjà très bien renseigné sur les tenants et aboutissants des programmes politiques. L'électeur moyen s'arrange avec un budget de misère. Il est peut-être le mieux placé pour décider de la suite des choses.
Scénario absurde ? Pas tant que ça. L'Assemblée nationale est dite assemblée législative. Laissons-la se transformer en assemblée budgétaire pour un temps. Nous, le peuple, avons peut-être plus à gagner de ce travestisme mu par ces adeptes du pouvoir que nous pourrions le croire. Imaginons un instant que cela pave enfin la voie à la refonte du mode électoral. Nous subirions peut-être moins les effets négatifs des entêtements de principe de nos élus.
