Les mots me manquent ce matin pour décrire toute la fatigue que j'ai de vivre dans un pays où les frustrations, les humiliations, les insultes à l'endroit de mon peuple, de sa langue et de ses institutions sont presque quotidiennes. Et tout cela de la part de gens qui affirment ne même pas pouvoir imaginer de vivre séparés de lui ; quand cela ne vient pas de mes propres compatriotes eux-mêmes, incapables de franchir, même en esprit, le seuil de leur propre libération. J'ai honte ! Je n'ai rien fait pour cela et j'ai honte ! Mais sous cette fatigue, sous cette honte, un autre sentiment commence à se faire jour, et que je n'aime pas plus, mais qui s'insinue un peu plus chaque jour, entre la chair et l'os, comme disait Félix, et qui s'appelle : la colère !