Un tribunal de la junte se prononce - L'ex-premier ministre thaïlandais est exclu de la vie politique

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AFP
Édition du jeudi 31 mai 2007

Mots clés : boycott, élections, Thaksin Shinawatra, Parti politique, Justice, Thaïlande (pays)

Des partisans du Parti démocrate célébraient hier la décision du tribunal.

Photo: Agence Reuters

Bangkok -- Un tribunal mis en place par la junte militaire en Thaïlande a ordonné hier soir la dissolution du parti de l'ex-premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, qui s'est vu interdire toute activité politique pendant cinq ans avec 110 de ses lieutenants.

Ce verdict à l'encontre du parti Thaï Rak Thaï (Les Thaïs aiment les Thaïs) de Thaksin a été rendu quelques heures après l'acquittement du Parti démocrate de tous les chefs d'inculpation retenus contre lui pour atteintes présumées à la législation électorale, ce qui lui évite une dissolution et un bannissement de ses dirigeants de la vie politique.

Le Thai Rak Thai (TRT), au pouvoir de 2001 à septembre dernier, a été reconnu coupable d'avoir payé de petites formations pour qu'elles participent à des élections législatives anticipées le 2 avril 2006 afin de les rendre crédibles et d'avoir utilisé la Commission électorale de l'époque à son avantage. Ces élections, boycottées par l'opposition, dont le Parti démocrate, avaient été annulées un mois plus tard.

La lecture des différents jugements a duré une bonne dizaine d'heures et s'est déroulée dans un climat assez tendu alors que l'armée avait placé quelque 15 000 hommes en état d'alerte pour parer à toute éventualité. Des centaines de policiers avaient été déployés dans Bangkok, autour du tribunal ainsi qu'autour des deux grands partis politiques.

Le verdict est lourd de conséquences alors qu'un référendum sur une nouvelle Constitution est annoncé pour septembre avant des élections générales promises pour décembre par les généraux putschistes. Le paysage politique thaïlandais a été profondément modifié.

Élu en 2001 et réélu triomphalement en 2005, M. Thaksin, homme d'affaires converti à la politique, avait été confronté début 2006 à de vastes manifestations à Bangkok après un scandale financier. Il avait alors dissous le Parlement et convoqué des élections. Le premier ministre et son parti, presque seuls dans la bataille, avaient facilement remporté le scrutin du 2 avril, mais celui-ci avait été annulé un mois plus tard après de multiples plaintes pour irrégularités.

M. Thaksin, 57 ans, avait finalement été renversé par l'armée en septembre dernier, alors qu'il participait à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, et s'était ensuite réfugié à Londres. Il avait démissionné de la direction du TRT juste après le coup d'État et aspirait, même s'il ne le disait pas publiquement, à faire son retour sur la scène politique thaïlandaise.

Les démocrates, qui avaient appelé au boycottage des élections du 2 avril 2006, faisaient l'objet de quatre accusations dans le cadre du même procès. On leur reprochait notamment d'avoir fait obstruction à la campagne des législatives et d'avoir calomnié le TRT.

«Les faits ne prouvent pas que les démocrates aient commis la moindre malversation, c'est pourquoi il n'y a aucune raison de dissoudre» ce parti, a décidé le tribunal.


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