Le grand intérêt de cette entrevue c'est de mettre bien en évidence que le développement durable renvoìe à l'environnement (le réchauffement du climat notamment), mais aussi à l'économie (l'épuisement des ressources) et au social (l'iniquité dans le partage des richesses). Il me semble déterminant de placer les enjeux à l'échelle des continents: le Nord développé ne saurait imposer au Sud le même fardeau de l'assainissement de ses pratiques sans y contribuer à la mesure de l'appropriation qu'il s'est faite des ressources des pays du Sud. Enfin je considère particulièrement éloquent le rappel de Madame Bruntland à l'effet que le développement durable est d'abord un enjeu démocratique. Autrement dit, il n'y a pas d'avenir pour la planète si nous n'arrivons pas à franchir le seuil d'une juste participation des citoyennes et citoyens. Tant que les États ne miseront pas d'abord sur la capacité citoyenne de résoudre les problèmes, ils ne disposeront pas des moyens pour mettre au pas les intérêts individuels qui s'accaparent les richesses à court terme aux dépens de la majorité de l'humanité et des générations futures.