Air India: la GRC a négligé les policiers locaux

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PC
Édition du mercredi 30 mai 2007

Mots clés : GRC, Air India, Terrorisme, Transport aérien, Canada (Pays)

Ottawa -- La Gendarmerie royale du Canada n'a pas profité des liens dont bénéficiaient les policiers locaux avec la communauté sikhe de Vancouver, dans la foulée de l'attentat qui a détruit le vol d'Air India en 1985, a raconté un témoin à la commission d'enquête qui tente de faire la lumière sur cette tragédie.

Don McLean, un ancien policier municipal qui a agi comme agent de liaison avec la communauté sikhe pendant deux ans, a déclaré, hier, ne pas avoir été impressionné par les techniques d'enquête des policiers fédéraux pendant les semaines qui ont suivi l'attentat.

«Ils ont utilisé les méthodes traditionnelles de la police, ils frappaient aux portes et se présentaient comme des policiers, a déclaré M. McLean devant la commission présidée par John Major, l'ancien juge en chef de la Cour suprême de la Colombie-Britannique. [Ils] s'attendaient à obtenir des informations comme ça. Il y avait beaucoup de résistance dans la communauté. Ils [les membres de la communauté] auraient préféré nous parler à nous.»

M. McLean a expliqué n'avoir travaillé avec la GRC que pendant six semaines après la destruction du vol 182, transmettant à l'agence fédérale les renseignements qu'il avait recueillis, les contacts qu'il avait réalisés et les noms des informateurs confidentiels qu'il avait cultivés avant l'attaque.

Mais sa présence a fini par devenir purement symbolique, a-t-il dit, permettant seulement à la GRC de prétendre faire appel au savoir-faire local.

M. McLean a aussi expliqué que l'enquête a été compliquée par la présence d'agents de renseignement du gouvernement indien, qui étaient actifs au sein de la communauté sikhe. Ces agents auraient notamment lancé une campagne de «désinformation» et essayé de soudoyer des journaux communautaires pour qu'ils adoptent la ligne du gouvernement indien.

«Nos sources nous ont indiqué qu'ils avaient [chacun] 10 000 dollars canadiens qu'ils utilisaient [...] pour influencer des journaux communautaires, a-t-il dit. À quelques reprises, nous avons constaté une modification de la rhétorique, passant d'un soutien vigoureux au point de vue des Sikhs extrémistes à un appui plus modéré.»

M. McLean affirme qu'il s'est plaint, par écrit, à ses supérieurs des agissements des agents indiens, mais que, à sa connaissance, rien n'a été fait.

Le témoignage de M. McLean, hier, était son deuxième devant la commission d'enquête. Plus tôt ce mois-ci, il avait révélé que la police de Vancouver avait épié une rencontre, moins de deux semaines avant l'attentat, pendant laquelle des militants sikhs avaient mentionné un coup d'éclat pour donner plus de visibilité à leur cause.


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