Le ministre du Travail de nouveau sur la sellette - Le ministre Blackburn a octroyé un contrat de 25 000 $ à un de ses employés

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

PC
Édition du lundi 28 mai 2007

Mots clés : Daniel Giguère, Jean-Pierre Blackburn, Gouvernement, Justice, Canada (Pays)

Ottawa -- Le ministre du Travail, Jean-Pierre Blackburn, a octroyé l'an dernier un contrat de près de 25 000 $ à l'ancien maire de Jonquière Daniel Giguère qui était pourtant déjà employé à temps plein par son bureau de comté.

Candidat libéral défait, M. Giguère a quitté un poste chez Hydro-Québec pour devenir adjoint principal du ministre dans sa circonscription à l'hiver 2006. Il y est resté environ un an, soit jusqu'en avril dernier. D'après la directrice des communications du ministre Blackburn, le consultant en communications touchait un salaire annuel de 35 000 $ pour son travail au bureau de comté de Jonquière.

Des documents obtenus par la Presse Canadienne démontrent toutefois que le gouvernement lui a aussi versé 24 804 $ en six mois pour rédiger des discours «sur une base contractuelle» à la demande du cabinet du ministre.

Entre septembre 2006 et avril 2007, M. Giguère a livré au ministre une dizaine d'allocutions de longueurs variables en vue d'événements tels que le souper de la Chambre de commerce de Dolbeau-Mistassini, la Journée des entrepreneurs et un brunch paroissial dans sa circonscription.

Similitudes troublantes

Plusieurs de ces discours, dont le prix oscille entre 1750 $ et 3000 $ chacun, comportent d'ailleurs des similitudes troublantes. Le ministre y décrit notamment les métamorphoses de l'économie du Québec ainsi que les programmes de l'agence Développement économique Canada -- dont il est responsable -- en des phrases qui se répètent d'une fois à l'autre.

Les factures ont été approuvées par le chef de cabinet du ministre, Michel Lalonde, qui a conclu le contrat de rédaction avec M. Giguère.

Dans un courriel, la directrice des communications du ministre a assuré que toutes les directives du Conseil du trésor avaient été respectées et que tous les détails du contrat avaient été divulgués «conformément à toutes les attentes sur la transparence et la responsabilité».

Parce que la valeur totale du contrat était inférieure à 25 000 $, il n'était pas obligatoire d'organiser un appel d'offres. La Loi sur le Parlement proscrit toutefois clairement l'octroi de mandats à des personnes déjà rémunérées par le trésor public, comme c'était le cas de M. Giguère en septembre.

La décision du cabinet de confier un mandat de rédaction de discours à un employé laisse d'ailleurs les partis d'opposition perplexes.

«Comme ministre, il a déjà une directrice des communications, une attachée de presse. Il a déjà des fonctionnaires qui sont compétents dans chacune des directions des communications de ses ministères, que ça soit au Travail ou le Développement économique régional», a fait valoir un porte-parole du Parti libéral, Marcel Proulx.

Ce n'est pas la première fois que la gestion des ressources humaines de Jean-Pierre Blackburn suscite la controverse. Il a fait les manchettes récemment après que la Presse canadienne eut dévoilé qu'il avait omis de comptabiliser à son nom des frais de déplacement en avion nolisé totalisant 150 000 $.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com