Les Prussiens d'Orient

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Serge Truffaut
Édition du lundi 28 mai 2007

Mots clés : Syriens, Rafic Harari, Énergie, États-Unis (pays), Syrie (pays)

Des Syriens, on dit parfois qu'ils sont les Prussiens du Proche-Orient. On les baptise, on les qualifie ainsi pour mieux souligner leur grande maîtrise des rapports de force. Ils les amorcent, les poursuivent et les concluent. Et ce, en s'appuyant avec constance sur la force militaire et les services de sécurité. Le soin apporté à ce trait particulier a pour origine, entre autres choses évidemment, l'énorme distorsion économique qu'il y a entre ce pays et ses voisins proches ou moins proches. Ces derniers disposent d'énormes réserves de gaz et de pétrole, eux n'ont rien. Si ce n'est cette science des rapports de force.

Depuis plusieurs jours maintenant, cette science, la Syrie l'exerce avec plus d'insistance que lors des derniers mois. Avant toute chose, on doit préciser que l'on pense d'abord à la série d'attentats commis en dehors des camps où sont rassemblés les réfugiés palestiniens. En ce qui concerne l'affrontement entre l'armée libanaise et les militants du Fatah al-Islam, attendons d'avoir la preuve que c'est bel et bien la Syrie, comme beaucoup le prétendent, qui est derrière ce soulèvement avant d'intégrer ce fait aux autres mentionnés.

Revenons aux attentats. Le premier s'est produit dans un quartier chrétien, le deuxième dans une enclave sunnite, le troisième dans un bastion druze. Tous ont été réalisés à une heure tardive et avec un type d'explosifs identique. Dans quel but? Semer suffisamment de doute au sein du Conseil de sécurité pour le diviser et empêcher ainsi la constitution du tribunal international chargé de juger les auteurs de l'explosion qui a coûté la vie à l'ex-premier ministre Rafic Harari.

On se souviendra qu'au cours de la semaine dernière les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont peaufiné la résolution qui sera présentée aujourd'hui et qui fixe le mandat de ce tribunal devant lesquels devraient comparaître les responsables syriens de la mort d'Hariri. Or, ce tribunal, Damas ne veut pas en entendre parler. Plus exactement, ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter la constitution d'un tel tribunal.

Hélas! il se pourrait fort bien qu'ils obtiennent satisfaction. En effet, à la suite de la série d'attentats de la semaine dernière, tant la Chine que la Russie ont indiqué qu'elles envisageaient désormais de s'abstenir. Pire, chef de file des adversaires au projet, le Kremlin a refusé de préciser s'il userait ou non du droit de veto. Mais a clairement signalé qu'à son avis, partagé par une majorité des membres du Conseil, la volonté d'instituer ce tribunal ne fait qu'attiser la violence. Rien n'est moins sûr.

Car si la Syrie gagne cette manche, les centaines de milliers de Libanais qui avaient manifesté au lendemain de la mort d'Hariri éprouveront toutes les frustrations du monde. À un degré d'ailleurs si prévisible qu'une autre flambée de violence s'ensuivrait. Grâce à l'enquête menée par des limiers pour le compte de l'ONU, tout un chacun sait que les assassins du populaire Rafic Hariri sont des hauts responsables syriens ayant un but et un seul: maintenir le Liban sous perfusion syrienne. Point.


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Le Liban: ???? - par Marc Tremblay (marc.tremblay2094@videotron.ca)
Le lundi 28 mai 2007 09:00

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