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Le coup de poker de Jean Charest
Je suis comme tout le monde : je n'aime pas payer des taxes et des impôts élevés et je peste à chaque mois d'avril quand je fais mes DEUX rapports d'impôt. Mais le reste de l'année, je peste contre le sous-financement du système d'éducation et du système de santé ainsi que de la dette. J'ai compris que certains de ma classe rêvent d'un système à l'américaine où en définitive 50 millions de personnes n'ont pas accès à des soins de santé de qualité, que ceux qui ont des assurances se voient refuser des remboursements trop coûteux, que les coûts per capita sont parmi les plus élevés au monde. Et pour la dette, je ne suis pas intéressé à refiler toute la facture aux générations qui suivront.
Je suis convaincu que les enjeux sont ailleurs ; ils sont politiques. Quelques commentateurs plus futés qui ne s'arrêtent pas arguties des Dubuc (Dans le Soleil), Samson et Vastel (dans le journal de Québec), voient dans ce budget une manoeuvre politique de la part de Jean Charest.
Le calcul de Jean Charest. L'ADQ manque de députés ministrables avec une bonne expérience parlementaire et le PQ est encore dans une situation de cafouillage dont il commence à émerger à peine (avec une cheffe couronnée mais pas encore assise sur le trône, avec un programme à revoir) ne sont pas près pour une élection. Le seul qui a intérêt au crime d'une élection, c'est Jean Charest car IL N'A PAS LE CHOIX. C'est lui qui joue au poker avec la population du Québec. Il n'est pas arrogant (cela est de la rhétorique partisane); il veux sauver sa peau.
Il était évident au lendemain du 26 mars, que deux des trois chefs de parti étaient sur des sièges éjectables. L'un, André Boisclair, a été éjecté plus vite que prévu. Le second, Jean Charest, est en sursis. Josée Legault (La Gazette) par exemple prévoit un « putsch » estival ; d'autres à l'automne mais pas plus tard que le printemps 2008.. Alors dans un pareil contexte, jouer le tout pour le tout en bluffant avec une paire de deux (dont un de pique) m'apparaît tout à fait une tactique plausible d'un politicien dont seul le pouvoir intéresse. Ce n'est pas d'être minoritaire ; M. Harper s'en accommode fort bien. C'est de sauver sa peau.
Jean Charest a besoin d'une élection pour conserver sa place de chef du parti libéral et de premier ministre. Une élection dont personne ne veut au Québec. On a mieux à faire avec 72 M$.
Alors si jamais il y a élection au 9 juillet, je veux assurer Monsieur Charest d'une chose : je ne sais pas pour qui je vais voter, mais je sais pour qui je ne voterai pas. Et je voterai pour participer à la dégringolade du parti libéral au 3e rang et pour que ce même parti libéral se débarrasse de ce joueur de poker.
Michel Leclerc
Québec
pet.rix@hotmail.com
