Opinion
Lettres: Un geste exceptionnel
Mots clés : Claude Fournier, Éléphant, mémoire du cinéma québécois, Culture, Cinéma, Québec (province)
En ma qualité de responsable du projet «Éléphant, mémoire du cinéma québécois», il m'est difficile de ne pas réagir aux craintes de quelques intervenants du milieu rapportées dans certains médias, comme si l'on cherchait à pousser dans le ravin une machine qui entreprend sa route, alors qu'une très bonne réception du projet dans les milieux du cinéma s'est fait généralement sentir peu après l'annonce du 7 mai dernier.
Par ailleurs, la réalité des choses fait que des contrats signés de gré à gré dans le passé ne peuvent pas être ignorés; cependant, nous avons clairement indiqué, lors du lancement, que c'était pour nous un sujet de préoccupation, non pas de ressasser des doléances que nous connaissons, mais de trouver des pistes de solutions pour l'ensemble des créateurs de films, y compris les réalisateurs, et ce, avec les intervenants du milieu.
Si le cinéma québécois est un tel atout pour faire vendre, comme l'a déclaré le président de l'Union des artistes, pourquoi la grande majorité des films dorment-ils sur des tablettes? C'est d'ailleurs le cas pour presque tout le patrimoine cinématographique du monde, les films sont conservés dans des cinémathèques et difficilement accessibles au grand public. Cela fait partie du défi d'Éléphant, mémoire du cinéma québécois de donner le goût et l'accès de ces films au public. Et par le biais du site Web dédié au cinéma québécois, de les faire découvrir au monde entier.
Ce geste de mécénat de Quebecor provoque déjà dans le milieu d'autres élans de générosité et d'enthousiasme, autant dans le public que dans le milieu du cinéma; est-ce qu'il ne serait pas plus excitant d'en profiter que de chercher à le faire déraper?

