Dans le contexte actuel des finances publiques et face aux défis majeurs qui surviendront dans un avenir rapproché en raison du retrait du marché du travail des baby-boomers (entendons par là inversion de la proportion travailleurs/retraités ; hausse des coûts de santé ; etc.), il est totalement irresponsable pour un ministre des finances du Québec d'accorder des baisses d'impôts au cours d'un exercice financier qui se soldera par un autre déficit. À ce que je sache, une famille endettée, à l'avenir financier incertain, qui n'arrive pas à boucler son budget mensuel de surcroît, ne s'accorde pas de folles dépenses simplement sous prétexte qu'elle a la possibilité de les porter sur une carte de crédit. Ceci dit, si les gouvernement n'avaient pas que leur réélection en tête et travaillaient véritablement pour le bien-être à long terme de la population (en bon père de famille devrait-on dire), il en serait de même pour le secteur public. Cette stratégie faussement populiste de diminution du fardeau fiscal peut certes paraître alléchante aux inconscients qui n'en connaissent pas les conséquences, mais elle sert assurément bien mal nos intérêts communs et ne font que nous lester de plomb alors que nous sommes déjà en eaux troubles et que la tempête menace. Cette dette que nous engraisserons encore une fois cette année ne disparaîtra pas d'elle-même et un minimum de vision, de prévoyance ou un simple sentiment d'équité intergénérationnelle devrait nous interdire de telles politiques à courtes vues qui ne font que nier la réalité et refouler nos problèmes sur les générations futures. Finalement, posons-nous la question : si le Québec n'arrive pas à boucler son budget en période de croissance économique, que ferons-nous lors des phases de ralentissement ou pire de récession, qui obéissent à des cycles et par conséquent qui reviendront assurément ? A. Olivier, Économiste