Nucléaire - L'Iran défie toujours l'ONU

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AFP , Reuters
Édition du jeudi 24 mai 2007

Mots clés : ONU, uranium, nucléaire, Énergie, Organisme international, Iran (pays)

Vienne -- L'Iran continue à défier l'ONU en poursuivant l'enrichissement de l'uranium et gêne l'activité de ses inspecteurs sur place, a accusé hier l'Agence internationale de l'énergie atomique dans un rapport qui pourrait conduire à de nouvelles sanctions contre Téhéran.

«L'Iran n'a pas suspendu ses activités liées à l'enrichissement» et accroît même ses activités à l'usine de Natanz (centre de l'Iran), contrairement aux exigences du Conseil de sécurité de l'ONU, relève le directeur de l'AIEA, Mohamed el-Baradeï, dans ce rapport dont l'AFP a obtenu copie.

Washington a d'emblée averti l'Iran et a annoncé de nouvelles consultations avec ses partenaires sur les suites à donner à ce nouveau rapport critique. La Grande-Bretagne s'est également prononcée en ce sens.

Le Conseil de sécurité a déjà par deux fois imposé des sanctions contre Téhéran, l'uranium enrichi pouvant aussi servir à la fabrication de l'arme nucléaire.

L'AIEA affirme aussi que l'Iran n'a pas fourni à ses inspecteurs les nécessaires «assurances sur la nature exclusivement pacifique» de son programme nucléaire et que sa coopération «se détériore». Téhéran a démenti mettre des obstacles.

Parmi les questions en suspens figurent l'utilisation possible de centrifugeuses plus perfectionnées et des doutes sur des documents de nature militaire en possession des Iraniens.

Selon un responsable de l'AIEA, l'Iran bloque depuis le 13 avril l'accès aux travaux à Arak sur un réacteur à eau lourde pouvant produire du plutonium, autre source possible pour l'arme nucléaire.

L'Iran fait actuellement tourner 1312 centrifugeuses dans des installations souterraines à Natanz, avec le gaz nécessaire pour produire de l'uranium enrichi, a indiqué Mohamed el-Baradeï.

L'Iran, qui a aussi testé 328 autres centrifugeuses et qui est en train d'en construire 492 autres, pourrait parvenir à l'enrichissement au niveau industriel avec 3000 centrifugeuses vers la fin de juin, a indiqué un diplomate à Vienne en commentant le rapport.

Cependant, note le rapport, l'Iran est parvenu à des niveaux d'enrichissement de 4,8 % de l'U-35, ce qui est suffisant pour produire du combustible pour l'énergie civile mais bien inférieur aux 90 % requis pour de l'uranium militaire.

Dans sa résolution 1747, le Conseil de sécurité avait donné à l'Iran jusqu'au 23 mai pour suspendre notamment son enrichissement d'uranium.

La publication de ce rapport survient alors que M. el-Baradeï fait l'objet de critiques des États-Unis et de la France pour s'être prononcé dans plusieurs déclarations en faveur d'une autorisation de certaines activités d'enrichissement.

Exercice naval

Par ailleurs, une dizaine de bâtiments de guerre de la marine américaine sont entrés hier dans les eaux du golfe Persique, au large des côtes iraniennes.

Les neuf bateaux, dont deux porte-avions, ont pour la plupart franchi de nuit le détroit d'Hormuz, une des voies les plus stratégiques du commerce maritime mondial.

Selon des officiers de la marine, les autorités iraniennes n'ont pas été informées de ces mouvements et la décision d'ajouter un second porte-avions au déploiement a été prise à la dernière minute, sans qu'aucune explication ait été fournie.

Ce déploiement, sans précédent depuis le début de la guerre en Irak, en mars 2003, survient alors que les tensions sont particulièrement fortes entre les États-Unis et l'Iran.

Mais le contre-amiral Kevin Quinn, qui commande le groupe aéronaval, a déclaré que l'objectif était de procéder à des exercices militaires prévus de longue date pour rassurer les pays de la région à propos de l'intérêt que portent les États-Unis à la sécurité régionale.

«Il existe une menace permanente contre les détroits internationaux -- et le détroit d'Hormuz est le plus important --, émanant soit d'États, soit d'acteurs non étatiques», a-t-il dit à la presse à bord du porte-avions USS John C. Stennis.

Le groupe aéronaval transporte au total quelque 17 000 hommes.


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