Une trêve rompt l'isolement du camp de Nahr al Bared
Mots clés : trève, Fatah al Islam, Violence, Liban (pays)
Les civils profitent de l'accalmie pour fuir la violence

Photo: Agence Reuters
Mais plusieurs travailleurs humanitaires ont été obligés de quitter le camp après que des obus se sont abattus sur leur convoi, tuant au moins deux jeunes gens. Un autre convoi, de l'ONU celui-là, a également dû se replier en raison de tirs sporadiques.
Des habitants imploraient les journalistes de les emmener avec eux. Un homme qui portait une femme blessée a dû l'abandonner dans une rue quand des balles ont recommencé à siffler.
Les combats aux abords de ce camp, qui se situe sur le littoral, au nord de Tripoli, la deuxième ville du pays, ont duré de l'aube à l'après-midi.
L'armée tente depuis dimanche de déloger du camp les combattants du Fatah al Islam, une faction armée qui, sans être affiliée à al-Qaïda, partage dans les grandes lignes les orientations politiques de la nébuleuse islamiste.
Les combats ont cessé après que le Fatah al Islam a annoncé qu'il ne ferait plus usage de ses armes si les militaires faisaient de même. Les Nations unies ont profité de cette trêve pour tenter de livrer de la nourriture, de l'eau et des médicaments au camp, qui compte 40 000 habitants.
Certains d'entre eux ont émergé de leur maison où ils se terraient depuis de longues heures pour constater l'étendue des dégâts, observer les immeubles éventrés par les obus. Les rues étaient jonchées de débris et parcourues d'hommes en armes. On ne disposait d'aucun bilan précis des victimes.
«Mais qu'est-ce que les militaires faisaient? Ils croyaient qu'ils avaient l'armée israélienne face à eux», interrogeait un habitant, Mahmoud Tayyar.
Le Fatah al Islam n'a qu'une assise limitée au sein de la population du camp. Mais l'importance de la riposte de l'armée a certainement contribué à renforcer sa popularité.
«Nous avons vu de nombreuses guerres, mais jamais des bombardements de cette intensité. Des quartiers entiers ont été détruits, avait dit un peu plus tôt par téléphone Djamal Laila, 40 ans. Les enfants n'ont plus de lait, d'eau ou de pain.»
Les camions ont attendu des heures une accalmie pour pouvoir pénétrer dans le camp. Et quand, finalement, ils ont pu le faire, ils ont été accueillis par des jets de pierres d'habitants furieux que l'intervention ait pris autant de temps.
Au moins 22 activistes du Fatah al Islam, 32 soldats et 27 civils ont péri depuis le début des combats aux premières heures de dimanche à Tripoli, la deuxième ville du Liban, et à Nahr al Bared. Cinquante-cinq soldats ont également été blessés.
Il s'agit des combats les plus violents entre armée libanaise et activistes depuis la guerre civile de 1975-1990.
À Tripoli, un combattant du Fatah al Islam cerné dans un immeuble a préféré se faire sauter avec une ceinture d'explosifs plutôt que de se rendre aux autorités, a-t-on appris des forces de sécurité.
Dans le camp de réfugiés de Beddaoui, à une dizaine de kilomètres de Nahr al Bared, des Palestiniens se sont rassemblés pour demander une trêve, scandant des slogans contre le gouvernement et l'armée libanais.
Dans le camp d'Aïn al Hiloueh, dans le Sud-Liban, des activistes islamistes ont bloqué des rues avec des pneus et certains magasins étaient fermés. «Si les combats dans le nord ne cessent pas, la guerre sera contre tout l'islam, pas seulement contre le Fatah al Islam», a dit un activiste.
Le premier ministre libanais Fouad Siniora a fait part de son intention d'en finir avec le Fatah al Islam, présenté comme un instrument de la politique syrienne.
Washington envisage d'accorder une aide militaire d'urgence au premier ministre libanais Fouad Siniora devant la nouvelle poussée de violence dans le pays, a-t-on appris hier auprès du département d'État et du Pentagone.
Une porte-parole du Pentagone a fait état d'une enveloppe de 30,4 millions de dollars en munitions, camions et pièces détachées pour hélicoptères et véhicules.

