Riposte israélienne à Gaza

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Reuters , AFP
Édition du vendredi 18 mai 2007

Mots clés : Hamas, bande de Gaza, Mahmoud Abbas, Violence, Palestine (pays), Israël (pays)

Le président palestinien accuse le Hamas d'avoir voulu l'assassiner

Des membres du Hamas constatent les dégats causés par une frappe israélienne à Gaza.

Photo: Agence Reuters

Israël a riposté hier aux tirs de roquettes contre son territoire en envoyant des chars d'assaut et des soldats dans la bande de Gaza, qui a essuyé une série de raids aériens dirigés contre le Hamas. Au moins cinq personnes sont mortes à la suite de ces raids, ce qui a suscité des menaces d'attentats suicide de la part du mouvement islamiste palestinien. Entre-temps, des responsables des services de sécurité palestiniens ont affirmé qu'une tentative d'assassinat du président Mahmoud Abbas de la part du Hamas avait été déjouée dans la bande de Gaza, où les affrontements interpalestiniens se sont poursuivis, faisant quatre morts.

Au moins cinq personnes sont mortes à la suite de ces raids, ce qui a suscité des menaces d'attentats suicide de la part du mouvement islamiste palestinien. Entre-temps, des responsables des services de sécurité palestiniens ont affirmé qu'une tentative d'assassinat du président Mahmoud Abbas de la part du Hamas avait été déjouée dans la bande de Gaza, où les affrontements interpalestiniens se sont poursuivis, faisant quatre morts.
Ces derniers décès portent à 48 le nombre de tués de la nouvelle vague de violences opposant les forces loyales au président Abbas aux partisans du Hamas, qui a éclaté le 11 mai.

Le président Abbas a annulé une visite à Gaza hier après la découverte d'un tunnel bourré d'explosifs placés par la branche militaire du Hamas, qui devaient exploser au passage de son convoi, selon de hauts responsables des services de sécurité.

Abbas devait se rendre à Gaza pour discuter d'une trêve entre le Fatah, son mouvement, et les islamistes du Hamas. «Les explosifs ont été découverts sur la route qu'Abou Mazen [Mahmoud Abbas] emprunte pour se rendre à Gaza», a affirmé un haut responsable de la sécurité.

Le porte-parole de la branche armée du Hamas a fermement nié toute tentative d'assassinat contre Mahmoud Abbas. «Ces informations ont pour but d'empoisonner l'atmosphère à Gaza. Nous les nions entièrement», a affirmé Abou Obeida.

Le bureau de M. Abbas avait annoncé dans la journée que le président palestinien avait annulé sa visite en raison d'une réunion à laquelle il devait participer à Ramallah, en Cisjordanie.

En janvier, des sources de sécurité avaient annoncé avoir découvert de grandes quantité d'explosifs dans des tunnels creusés dans la bande de Gaza qui visaient des responsables politiques du Fatah, dont son chef, Mahmoud Abbas. Selon elles, plus de huit tunnels avaient été découverts et détruits sous la même route de Salaheddine, dans le nord de la bande de Gaza.

Hier soir, une quinzaine de blindés israéliens ont pénétré en cinq points du nord de la bande de Gaza, selon les services de sécurité palestiniens.

«Quelques blindés sont entrés dans le nord de la bande de Gaza à des fins défensives et sans s'éloigner de la barrière» séparant Israël du territoire palestinien, a indiqué un porte-parole de l'armée israélienne.

Dans le sud de la bande de Gaza, deux adolescents à bord d'une voiture ont été tués et leur soeur grièvement blessée en début de soirée dans un raid aérien israélien à Soufa, non loin d'un point de passage entre Israël et la bande de Gaza. Un premier bilan avait fait état de trois morts.

La première frappe avait auparavant détruit un bâtiment du Hamas à Gaza, faisant un mort et 45 blessés, selon des témoins et des responsables médicaux. Le Mouvement de la résistance islamique a précisé que cet édifice abritait l'administration de son unité d'élite de gardes du corps. Les bâtiments voisins ont également été détruits dans l'explosion.

L'aviation israélienne a ensuite attaqué une voiture transportant deux commandants du Hamas, tuant l'un et blessant l'autre, selon le Mouvement de la résistance islamique.

Quelques minutes après, un missile israélien a touché une caravane où logeaient les gardes du corps d'un haut responsable du Hamas, tuant l'un d'entre eux et en blessant huit autres.

Dans le sud de la bande de Gaza, un autre missile a touché une camionnette appartenant à la municipalité de Rafah, tuant les trois personnes à son bord, ont rapporté des responsables de la sécurité palestinienne. Ce type de véhicules est parfois utilisé pour transporter des roquettes. Des activistes du Hamas ont reconnu en avoir tiré trois depuis cette zone juste avant la frappe. Cependant, ce sont trois civils qui ont été tués, un père et ses deux fils adolescents, ont affirmé des proches des victimes.

Vengeance

Après ces frappes, le Hamas a crié vengeance. «Toutes les options contre l'ennemi sioniste sont ouvertes, y compris des attaques suicide en temps, en heure et dans le lieu appropriés», a réagi Abou Obeida, porte-parole de la branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam.

Le dernier attentat suicide contre Israël revendiqué par le Hamas remonte au 18 janvier 2005. Il avait fait six blessés israéliens dans le bloc de colonies de Goush Katif, dans la bande de Gaza, évacuée en août de la même année.

Deux autres membres du Hamas ont également été tués dans deux autres raids à Gaza contre un véhicule et près du domicile du porte-parole du ministre de l'Intérieur, Khaled Abou Hillal. Au total, une quarantaine de Palestiniens ont été blessés dans la série de raids.

La ville israélienne de Sderot, proche de la bande de Gaza, a reçu plus de 50 roquettes ces trois derniers jours et, mercredi, Israël avait déjà attaqué des objectifs du Hamas en représailles, faisant quatre morts dans ses rangs.

Le premier ministre israélien Éhoud Olmert avait mis en garde mercredi contre une réaction sévère de son pays aux tirs de roquettes incessants depuis la bande de Gaza contre le sud d'Israël, qui ont fait six blessés au cours des derniers jours.

Les États-Unis ont fait porter au Hamas la responsabilité des violences dans la bande de Gaza, saluant la «grande retenue» manifestée par Israël dans sa réponse aux tirs de roquettes sur le sud de son territoire.

Le président Bush a appelé les parties prenantes à «travailler vers une solution à deux États». Il a noté que la population palestinienne souffre des restrictions imposées par l'armée israélienne, évoquant la «profonde humiliation qui peut résulter de vivre sur une terre où on ne peut pas se déplacer librement».

Le premier ministre israélien Éhoud Olmert s'est rendu dans la soirée à Sderot, a déclaré sa porte-parole.

«Le premier ministre s'est rendu à Sderot pendant quelques heures. Il y a rencontré des habitants, a visité le service d'urgence de l'hôpital ainsi que le centre pour les victimes de troubles post-traumatiques», a indiqué Miri Eisin.

Éhoud Olmert s'est aussi longuement entretenu avec le ministre de la Défense, Amir Peretz, dans la résidence de ce dernier, qui habite Sderot.


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