Attentat contre un avion d'Air India - Le SCRS savait ce qui se tramait, selon deux avocats
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Ottawa -- Un spécialiste du terrorisme du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a prédit, quelques jours avant l'attentat d'Air India survenu en 1985, que des extrémistes sikhs feraient exploser un appareil avant longtemps, ont entendu hier les membres de la commission d'enquête sur cette affaire.
M. Deschenes a fait sa prédiction lorsque les deux hommes s'entretenaient d'une autre question sensible, l'assassinat d'un diplomate turc par des terroristes arméniens à Ottawa, trois ans auparavant.
«Le vrai problème se situe ailleurs», a affirmé le responsable du SCRS à M. Pinos, alors que les deux hommes prenaient un verre sur le bord de la piscine d'un hôtel de Los Angeles.
M. Deschenes a ensuite expliqué que des sikhs actifs au Canada constituaient une menace plus sérieuse, a raconté M. Pinos. «Il jugeait qu'ils étaient dangereux et qu'ils abattraient vraisemblablement un avion», a-t-il déclaré.
«Je me souviens très clairement de l'événement et des circonstances, a dit M. Pinos au sujet de l'entretien survenu le 19 juin 1985. C'est quelque chose qui m'avait secoué.»
Quatre jours plus tard, le vol 182 d'Air India à destination de New Delhi, en provenance de Toronto et Montréal, s'abîmait en mer au large des côtes d'Irlande à la suite de l'explosion d'une bombe posée par des terroristes, entraînant 329 personnes dans la mort.
«J'étais très bouleversé» en apprenant la nouvelle de la tragédie, a raconté M. Pinos. «J'ai dit: "Ils savaient, ils savaient." J'avais la nette impression qu'ils savaient que quelque chose allait arriver.»
Au moment de leur discussion, MM. Pinos et Deschenes se trouvaient à Los Angeles à l'occasion de procédures judiciaires relatives au meurtre du diplomate turc. Les autorités canadiennes et américaines collaboraient afin de mettre la main au collet de terroristes arméniens.
Michael Anne MacDonald, alors avocate de la Couronne en Ontario, prenait également part à ces procédures. M. Deschenes lui a dit à un certain moment qu'il devait prendre un avion en raison d'un «problème urgent avec des extrémistes sikhs à Vancouver et qu'il devait partir pour se rendre à Vancouver immédiatement», a-t-elle raconté au moment de livrer son témoignage, hier.

