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Les médecins étrangers réclament justice et les québécois réclament des médecins...
Il y a trois groupes responsables de l'intégration des médecins étrangers dans notre système de santé: le Collège des médecins, les facultés de médecine et les hôpitaux qui reçoivent ces médecins pour leurs stages en résidence. Une responsabilité ultime, quant à moi, et comme le mentionne M. Giroux dans son commentaire, doit être attribuée au Ministre de la Santé, à travers son gouvernement, qui peut et qui doit civiliser, à ce moment-ci, les doyens des facultés de médecine.
Le Collège des médecins évalue les diplômes et les connaissances. Il y a trois tests que les médecins diplômés à l'étranger (MDE) doivent réussir pour que leur formation soit reconnue équivalente à celle des médecins formés ici, au Québec. Ces médecins doivent aussi réussir un examen de français de l'Office québécois de la langue française. Les MDE acceptent ce passage obligé et reconnaissent qu'ils doivent démontrer que leur formation est équivalente à celle qui est donnée ici au Québec. Selon le docteur Khaled Filali, président de l'Association québécoise des médecins diplômés hors Canada-États-Unis, il y a 112 MDE qui ont réussi tous ces tests et qui se sont vus refuser une place en résidence... malgré que les facultés affichent plus de 80 postes vacants cette année...!!! Messieurs les doyens... CES 112 MDE ONT RÉUSSI UNE ÉTAPE QUE LA MAJORITÉ DES MÉDECINS EN EXERCICE AU QUÉBEC SERAIT INCAPABLE AUJOURD'HUI DE RÉUSSIR.
Le Collège des médecins ayant fait son travail, il incombe aux universités, dans une seconde étape, de faire une place à ces médecins. Bien sûr, si l'offre est plus grande que la demande, on peut comprendre que les universités doivent sélectionner les meilleurs candidats. Qu'on choisisse les 80 meilleurs de ces 112 m'apparaîtrait raisonnable, mais que 80 places soient laissées vacantes, alors que 112 MDE soient disposés à les occuper, relève de l'indécence. Si les propos du docteur Réjean Hébert, président de la Conférence des doyens des facultés de médecine, sont correctement rapportés, ce dernier et ses copains devraient être sanctionnés. Le Ministre de la santé, ce matin-même (à la radio de Radio-Canada), rapporte que les universités, à travers leurs doyens des facultés de médecine, doivent être imputables de cette situation aberrante. Des situations comme celle décrite par M. Drapeau dans son commentaire, il y en a...
Le docteur Réjean Hébert nous dit que les diplômes ne suffisent pas et que pour être accepté, un candidat doit aussi présenter des habiletés cliniques suffisantes. Comment évalue-t-on ces habiletés? Selon le docteur Hébert, cette évaluation peut se faire sans même rencontrer le médecin...!!! Il faut le faire...!!! Ceux qui lisent ou qui entendent ces propos du docteur Hébert ne peuvent qu'être d'accord avec le Dr Comlan Amouzoo, président de Médecins d'ailleurs qui les qualifie d'irresponsables et de discriminatoires.
On raconte que les MDE échouent leurs stages en résidence dans une proportion plus élevée que les médecins formés ici. Il faut alors se demander quelles sont les raisons véritables d'une telle situation. Alors qu'en Ontario, avant leur entrée en résidence, on offre un programme de stages d'immersion pour les médecins étrangers afin de favoriser leur intégration, ici, rien de cela. Les MDE accueilleraient très favorablement la mise en place d'un programme semblable pour le Québec. Il faut donc se demander si on les veut réellement ces médecins. Le docteur Hébert est-il au courant qu'alors que les facultés refusent des sièges vacants à ces MDE, des malades sont en attente d'un médecin pour les examiner ou les référer à un spécialiste? Le docteur Hébert, au lieu de constater bêtement une situation comme celle qu'il décrit au sujet des difficultés supplémentaires que vivent les MDE, devrait se poser les questions élémentaires qu'on nous invite à se poser dans nos cours d'épidémiologie: Qui? Quoi? Oú? Quand? Comment? Pourquoi?
En même temps, et juste à côté, alors qu'on s'acharne sur des MDE qui sont déjà formés et qui ne nous ont encore rien coûté, des médecins formés ici, dans leur pratique, ne respectent pas les consignes de base comme le simple lavage des mains pour contrer les infections nocosomiales et des médecins omnipraticiens s'improvisent plasticiens après quelques heures de formation (approuvées par nos facultés de médecine...???) mettant ainsi parfois la vie ou l'intégrité physique des gens en danger, au su et au vu de l'Ordre des médecins du Québec...!!! LE MONDE À L'ENVERS...!!!
André Doré DMV, Msc (épidémiologie)
Note:
Je suis intéressé à recevoir une copie de cette étude commandée par la Conférence des doyens qui a permis d'établir que les facultés doivent fournir jusqu'à 40 % de ressources pédagogiques supplémentaires pour permettre aux MDE de réussir leur résidence. J'aimerais aussi voir comment on a fait le calcul pour arriver à la différence entre la proportion d'échecs des MDE et des médecins formés au Québec, et si on a cherché à comprendre les raisons de cet écart. Je fais ma demande, aujourd'hui-même, directement auprès du docteur Hébert.
