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Médecins: corporatisme à courte vue

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Pierre Drapeau
Envoyé Le jeudi 17 mai 2007 06:00



L'article 'Les médecins étrangers réclament justice' me fait vivement réagir. Je peux témoigner d'un cas flagrant d'abus et de mauvaise foi à l'égard d'un chirurgien russe venu tenter sa chance au Québec.

Ce chirurgien cumulait 7 années de pratique chez Médecins sans Frontière, en plus de plusieurs années de pratique chez lui. Il avait passé les 7 dernières années à travailler à Tunis en français.

Voulant tenter sa chance au Québec, et s'exprimant dans un français très respectable, avec un accent différent du nôtre on le comprend, il a engagé des sommes d'argent qui représentaient une fortune pour lui, lui permettant de suivre la formation nécessaire afin d'obtenir un permis de pratique au Québec.

Heureuse de la possibilité d'avoir un nouveau chirurgien comblant un manque critique d'effectif criant, l'hopitâl de Maniwaki l'invita à venir sur les lieux, lui disant qu'on l'engagerait aussitôt son stage terminé. Louant une voiture à ses frais, notre brave homme fit l'aller-retour et les nombreux kilomêtres depuis Montréal et revint ravi de pouvoir éventuellement y travailler.

Et pourant, ce sauveur s'est fait dire par un jeune médecin de Montréal récemment diplômé qu'il échouait son stage soit disant parce que son français n'était, à son goût, pas exactement comme le nôtre. C'est vrai qu'un chirurgien parle beaucoup à ses patients endormis même sur la table d'opération. A écouter son récit, les dés étaient déjà pipés d'avance, on ne voulait pas d'un médecin étranger. Cinique corporatisme. Vaut mieux se garder les meilleurs atouts dans le jeu de l'offre et de la demande.

Pourquoi laisser aux seuls médecins la tâche d'évaluer la compétence de ces étrangers? Ne serait-il pas mieux d'avoir un comité indépendant formé à la fois de médecins mais aussi d'administrateurs impartiaux? L'abcès, il est là. Il faut enlever de leur seul jugement cette prérogative.

Comment peux-t-on aussi sommairement décider qu'un médecin avec une telle expérience ne serait pas immensément utile à Maniwaki ou tout autre région éloigné du Québec?

L'homme a été hébergé par des voisins, qui n'ont jamais douté de sa sincérité. Il est reparti bredouille avec le sentiment qu'on s'est bien moqué de lui au Québec. On lui demandait de retourner chez lui et de refaire une demande, afin de réviser son dossier, une vraie farce quoi!

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