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Le P.Q. n'est pas mort

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Bertrand Gagnon
Envoyé Le mardi 15 mai 2007 15:00



Les réactions à l'article de monsieur Descôteaux sur l'arrivée de madame Marois me démontrent le désarroi de certains fédéralistes intégristes qui rêvaient depuis le 26 mars de l'enterrement du P.Q.

Je constate que certains oublient qu'en 1994, le P.Q. a pris le pouvoir au moment où le déficit des dépenses courantes atteignait pratiquement six milliards.

Le capitaine Bouchard et ses matelôts, dont madame Marois ont été forcés de délester en catastrophe le bateau qui coulait. Il y a des erreurs dans l'opération, notamment en ne limitant pas les mises à la retraite dans le personnel en charge des soins de santé.

On se souvient que chaque jour, les médias montraient en épingle le nombre de patients dans les corridors des urgences. Pourtant, malgré les promesses farfelues de l'équipe Charest de règler le problème, les débordements aux urgences ont persisté.

Lorsque madame Marois avait constaté, à la suite de l'intensification des mesures de détection de certains cancer, que l'équipement de nos hôpitaux était insuffisant pour permette d'offrir un traitement dans un délai raisonnable, au lieu d'attendre la livraison d'appareil additionnels, elle a permis à des malades de recevoir des traitements dans le pays voisin aux frais de l'État. Voilà une réaction responsable à une situation d'urgence.

Oui, notre parti a fait une erreur d'imposer à son chef un calendrier pour la tenue d'un référendum au lieu d'écouter les messages de nos concitoyens qui étaient d'abord préoccupés de l'incurie du gouvernement au pouvoir et voulaient savoir quelles solutions immédiates le P.Q. envisagerait si on lui confiait le pouvoir. C'est probablement ce qui explique la panique des adversaires, face à la prise de position de madame Marois sur le regard nouveau à apporter à la sociale démocratie dans l'avenir.

Non, l'arrivée de madame Marois ne signifie pas la fin des débats doctrinaires au sein de notre parti, si cela peut consoler les fédéralistes effrayés du retour à une certaine unité d'action des forces fédéralistes.

Cependant, les prédictions de tous les prophètes de malheur ne m'empêcheront pas de croire que, pour la première fois, un parti politique pourra présenter à la population du Québec une candidate ayant l'expérience de tous les secteurs de l'administration publique. Cette fois, la majorité silencieuse dans le parti québécois ne tolèrera plus les lavages de linge sur la place publique de la part des grands parleurs. Dans l'intervalle, j'espère que madame Marois ne se laissera pas ébranler par les gérants d'estrade à la recherche d'une cote d'écoute.

Bertrand Gagnon

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