Viaduc de la Concorde: l'ingénieur inquiet s'était fait rassurer par le ministère des Transports

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PC
Édition du mardi 15 mai 2007

Mots clés : Gilbert Bossé, Viaduc de la Concorde, Transport, Québec (province), Laval (région)

L'ingénieur de Laval qui avait adressé une demande d'assistance technique aux experts du ministère des Transports à Québec, pour vérifier l'état du viaduc de la Concorde qui le préoccupait, s'était fait rassurer sur son état, en 2004.

L'ingénieur Gilbert Bossé, de la Direction de Laval-Mille-Îles du ministère des Transports, avait demandé aux experts de la Direction des structures du ministère, à Québec, de venir inspecter plus à fond le viaduc de la Concorde, parce qu'il s'inquiétait de l'état des chaises du viaduc, d'autant plus que le bout du tablier y était appuyé.

C'est à cette demande d'assistance technique du 17 juin 2004 que le chef de l'Action démocratique Mario Dumont avait fait référence, lors du débat des chefs, plus tôt cette année. La commission avait d'ailleurs en main cette note depuis novembre 2006.

M. Bossé y a effectivement l'air très préoccupé par la dégradation du viaduc. «Les dommages aperçus près des côtés extérieurs permettent de soupçonner l'existence d'un problème de désagrégation importante des assises.» Plus loin: «la présence de fissures de cisaillement larges sur le porte-à-faux des culées semble tout aussi inquiétante», y écrit-il.

Devant la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, hier, M. Bossé a témoigné du fait que lui privilégiait de soulever carrément le tablier du viaduc, une opération complexe, pour effectuer une inspection et une réparation en profondeur.

La visite sur place de la Direction des structures du ministère a donc eu lieu en juillet 2004 et a duré deux heures, selon M. Bossé.

Cette inspection effectuée par l'ingénieur Christian Mercier l'a toutefois rassuré. Elle recommandait des interventions au viaduc, mais pas à court terme. Et M. Mercier avait suggéré de suivre particulièrement l'évolution des fissures.

La réponse écrite du ministère, à la suite de l'inspection de M. Mercier, se faisait également rassurante pour la direction de Laval. «Aucune intervention particulière ne vous est recommandée à court terme pour corriger les défauts observés», avait écrit Claude Leclerc, le supérieur de M. Mercier.

«Selon nos observations, nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire de procéder à une inspection plus détaillée. En fait, l'origine des défauts provient des joints du tablier non étanches. Nous recommandons à la Direction territoriale d'attendre l'apparition de dommages plus importants au niveau des assises (fissuration active ou abaissement des poutres à l'appui) ou au-dessous des tabliers avant de procéder.»

Aux yeux de l'ingénieur Bossé, «c'était seulement une question de temps» avant que le viaduc ne soit réparé à fond, puisqu'il avait été inscrit au plan quinquennal de réparation du ministère.

Témoignant à son tour, l'ingénieur Mercier a confirmé qu'il n'était pas plus alarmé qu'il faut après avoir inspecté le viaduc de la Concorde en juillet 2004. Il a bien vu les plans du viaduc, mais n'a jamais eu en main le rapport et les photos de la réparation du joint en 1992, où beaucoup plus de béton que prévu a dû être enlevé et remplacé.

Interrogé par le président de la commission, Me Pierre Marc Johnson, M. Mercier a laissé entendre que même s'il avait eu en main ces photos démontrant des réparations considérables de béton, en 1992, sa conclusion n'aurait pas été différente.

Le viaduc de la Concorde a subi sa dernière inspection générale le 18 mai 2005. Son état s'était alors dégradé à la cote «acceptable» après avoir eu celle de «bon état». Cette cote subjective avait toutefois varié à la hausse et à la baisse au fil des dernières années.


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