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Un beau défi pour l'ADQ

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Pierre-Yves Pau
Envoyé Le lundi 14 mai 2007 08:00



À bon chat, bon rat: si les troupes adéquistes pensaient pouvoir "dormir s'a switch", on a des nouvelles pour eux. Et avec un peu de recul, ce sont d'excellente nouvelles.

Malgré son lourd bilan de technocrate péquiste, Pauline Marois est une femme brillante et avisée, jusque dans sa façon de mettre le féminisme radical au service de ses projets politiques, un peu comme Nicolas Sarkozy instrumentalise l'extême-droite française.

Pour devenir une politicienne dangereuse, il lui manquait le leadership qui émane de la capacité à parler vrai: en saisissant cette occasion dorée de mettre à mort l'option référendaire, elle se rallie habilement au constat d'un grand nombre d'électeurs québécois: c'est un coup de maître.

Pour transformer l'essai, il lui restera à résoudre de façon crédible la question des moyens, traditionnel point faible de la gauche. Mais par effet de comparaison, cela va inévitablement obliger Mario Dumont à mettre de l'ordre dans ses stratégies, afin de garder une longueur d'avance sur le PLQ et apparaître comme le leader naturel de la droite face au transparent Jean Charest.

Autre point positif, cette évolution confirme l'effacement de la polarisation fédéraliste-souverainiste au profit d'une classique polarisation droite-gauche, à un moment ou le gouvernement fédéral à tout intérêt à ne pas ranimer les vieux démons: c'est une excellente nouvelle pour un Québec qui doit au plus sacrant commencer à mettre un pied devant l'autre, et s'arracher du bourbier ou l'ont enfoncé l'aveuglement et l'incurie des ses propres élites.

Un beau défi, pour le PQ comme pour l'ADQ: que la meilleure équipe gagne, et que les dinosaures s'adaptent, ou disparaissent.

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