L'Irak rapproche Washington et Téhéran

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AFP
Édition du lundi 14 mai 2007

Mots clés : Bush, États-Unis (pays), Irak (pays)

Les deux gouvernements consentent à négocier une sortie de crise

Washington -- Washington et Téhéran ont annoncé hier de prochaines discussions de haut niveau sur l'Irak pour faciliter une sortie du bourbier irakien et tenter d'éviter une déstabilisation désastreuse de la région. Ces pourparlers seront conduits par Ryan Crocker, l'ambassadeur américain à Bagdad, avec son homologue iranien au cours des prochaines semaines, a indiqué le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Mohammad Ali Hosseini, avait indiqué plus tôt que l'Iran était d'accord pour parler de l'Irak avec les États-Unis, selon l'agence officielle iranienne. Les États-Unis et l'Iran n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980 à la suite de la prise en otages des diplomates américains de l'ambassade des États-Unis à Téhéran.

«Ces discussions ne porteront pas sur les États-Unis et l'Iran, mais sur l'Irak [...] et sur le rôle politique constructif de l'Iran en Irak», a précisé Gordon Johndroe. «Le président [Bush] a autorisé ce canal [de discussion] parce que nous devons mettre en oeuvre tout ce qui est possible pour stabiliser l'Irak et minimiser les risques pour nos troupes, même si nos militaires continuent à combattre les activités hostiles soutenues par les Iraniens», a-t-il ajouté.

«Nous parlons de ce canal de discussions à Bagdad depuis déjà quelque temps», a ajouté M. Johndroe. Jusqu'à récemment, l'administration Bush, qui accuse Téhéran de soutenir l'insurrection chiite en Irak, rejetait catégoriquement de se mettre à la table des discussions avec l'Iran et la Syrie. Mais des rencontres entre experts américains et iraniens avaient eu lieu en marge d'une conférence régionale à Bagdad en mars, et début mai en Égypte.

De son côté, la République islamique insistait sur le retrait des forces américaines comme première condition à un rétablissement de la sécurité en Irak. Le 9 mai, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, avait dit au Financial Times que l'Iran souhaitait aider les États-Unis à élaborer «une stratégie de sortie» d'Irak.

«Leur invasion a été un désastre, faisons en sorte que le retrait ne soit pas aussi un désastre», avait-il ajouté. «Un retrait immédiat pourrait conduire au chaos, à la guerre civile. Personne ne réclame un retrait immédiat des forces étrangères. Mais il devrait y avoir un plan.»

Au Congrès américain, des élus lançaient des appels depuis l'an dernier en faveur de pourparlers directs avec Téhéran, une approche également recommandée fin 2006 par le rapport bipartite Hamilton-Baker, plaidant pour une politique réaliste.

L'ancien représentant démocrate et l'ex-secrétaire d'État de George Bush père, James Baker, préconisait un retrait à terme d'Irak et une reprise des contacts avec l'Iran et son allié, la Syrie. La majorité démocrate au Congrès à laquelle se sont ralliés plusieurs républicains souhaitent un calendrier de retrait des troupes américaines à partir du 1er octobre, ce à quoi M. Bush s'oppose.

Depuis, la Maison-Blanche et les responsables de la majorité démocrate ainsi que de la minorité républicaine tentent d'élaborer un compromis. Tout en maintenant sa ferme opposition à un calendrier de retrait, M. Bush a dit jeudi qu'il était ouvert à l'idée d'inscrire dans le projet de loi de financement une obligation de résultats pour le gouvernement irakien.

En outre, M. Bush, dont le mandat s'achève en janvier 2009, est sous la pression grandissante des républicains modérés au Congrès qui craignent que la guerre en Irak ne leur coûte leur siège en 2008.


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