Les députés bloquistes serrent les rangs derrière Gilles Duceppe
Mots clés : Maria Mourani, Parti québécois, Gilles Duceppe, Parti politique, Québec (province)

Photo: Agence Reuters
«L'accueil à M. Duceppe sera excellent», a lui aussi affirmé le bloquiste Bernard Bigras. Ce dernier croit toutefois que le vote de confiance n'en est pas moins «fondamental». «Clairement, la solidarité des collègues du Bloc va être l'élément essentiel de la suite des choses pour M. Duceppe dans la population québécoise, a-t-il souligné au Devoir. Si les députés continuent d'appuyer leur chef sans réserve, M. Duceppe sortira d'autant plus fort de cet exercice pour convaincre la population.» Et selon lui, «la solidarité des collègues dépendra de sa capacité de passer à l'autre étape, qui est de convaincre la population».
S'il est convaincu que les bloquistes appuieront leur chef parti et revenu en 24 heures, M. Bigras redoute néanmoins les conséquences d'un appui mitigé. «S'il y avait de la dissidence, M. Duceppe ne pourrait pas aller loin», croit-il. «Si M. Duceppe devait sortir affaibli de sa rencontre du caucus, c'est non seulement M. Duceppe qui sort affaibli, mais c'est aussi l'ensemble du caucus du Bloc», a ajouté le député fédéral Rosemont-La Petite-Patrie.
Pas de course à la succession
Bernard Bigras, qui était pressenti pour succéder à son chef, a également dit qu'il n'était pas question, pour lui, d'entreprendre une course à la chefferie «avant que M. Duceppe ait annoncé ses intentions». M. Duceppe devait en théorie le faire au cours d'un point de presse qu'il devait tenir aujourd'hui. Même chose pour Pierre Paquette. «Je suis intéressé à sa succession quand il décidera de partir de lui-même», a-t-il laissé tomber.
Réal Ménard s'est quant à lui dit soulagé de voir le chef bloquiste demeurer à Ottawa. «Il n'y a personne qui connaît mieux les dossiers, la façon dont ils nous animent, c'est la poursuite de la cohésion au Bloc québécois, c'est la poursuite d'un front dynamique à Ottawa pour la souveraineté», a-t-il expliqué. Le député d'Hochelaga a aussi jugé que les souverainistes sortaient «gagnant» de ce revirement de situation. «On est dans la situation idéale dans le mouvement souverainiste», a fait valoir M. Ménard, ajoutant que Gilles Duceppe représentait toujours un «leader souverainiste crédible à Ottawa». D'ailleurs, selon lui, «qu'il ait été tenté de faire le saut à Québec, ce n'est pas une tare en soi».
En fait, pour les bloquistes, seuls les autres partis présents aux Communes tenteront de profiter de la volte-face de M. Duceppe. «Ils disaient "si Gilles Duceppe part, le Bloc s'effondre". M. Duceppe revient, ils vont dire "il n'a plus l'autorité morale pour diriger», a prédit hier Pierre Paquette. «D'ici quelques semaines, M. Duceppe sera bien en selle», a-t-il ajouté, convaincu que les événements des derniers jours seront rapidement relégués au rang de l'«anecdote dans l'histoire politique du Québec».
Il n'a pas été possible de parler à Michel Gauthier hier. Vendredi, il s'était dit convaincu que M. Duceppe ne reviendrait pas au Bloc. «Quand tu fais ce choix-là, tu l'assumes avec les conséquences qui vont avec. Le Bloc, c'est pas un parking en attendant», avait-il ajouté.
L'effet Marois
À l'instar de plusieurs de ses collègues, Pierre Paquette considère que son chef a fait passer les intérêts du mouvement souverainiste avant ses ambitions politiques. «M. Duceppe a évalué les choses et il a bien compris qu'il aurait pu gagner, mais que ça aurait probablement trop divisé le mouvement souverainiste», a-t-il soutenu hier.
Le leader parlementaire du Bloc croit aussi que Gilles Duceppe s'est lancé rapidement dans la course parce qu'«il ne croyait pas vraiment à la volonté de Pauline Marois de se présenter. Il voulait peut-être la mettre devant le fait accompli». «Il a fait ses calculs en estimant que Mme Marois n'était pas si intéressée que ça à se présenter. D'ailleurs, c'est le genre d'échos qu'on avait. Manifestement, l'appel du pied des militants et les sondages ont eu raison de ses hésitations», a jugé M. Paquette.
«Quand il est entré dans la course, il pensait vraiment apporter quelque chose au mouvement souverainiste. En voyant Mme Marois entrer dans la course et peut-être aussi les sondages, il s'est dit "c'est peut-être mieux que Mme Marois soit à la tête du PQ», a jugé pour sa part la députée Maria Mourani. Selon elle, Gilles Duceppe, qui est à la tête du Bloc depuis dix ans, a ainsi fait un geste «très courageux». Tous soulignent aussi que Pauline Marois, déjà presque couronnée, sera apte à reconstruire un Parti québécois en grande difficulté.
Vos réactions
Jean st jacques erreur - par Guy Lemieux
Le lundi 14 mai 2007 17:00
DUCEPPE-DUCEPPE - par Racel Dondo
Le lundi 14 mai 2007 16:00
RALLIEZ_VOUS... - par Rodrigue Guimont
Le lundi 14 mai 2007 12:00
Beaucoup de « création » « québécoise » au cours des trois derniers jours - par Denis Beaulé
Le lundi 14 mai 2007 11:00
MAROIS-DUCEPPE -LES RASSEMBLEURS - par jeanne-mance guimont (jm.guimont@hotmail.com)
Le lundi 14 mai 2007 10:00
Retour au Bercail - par Pierre Castonguay (p.castonguay@videotron.ca)
Le lundi 14 mai 2007 10:00
Chicken Duceppe - par R. et J.
Le lundi 14 mai 2007 10:00
Jeune? - par Jacques Godin
Le lundi 14 mai 2007 09:00
Chapeau Monsieur Duceppe! - par Michel Prévost (micheprevost@hotmail.com)
Le lundi 14 mai 2007 09:00
Erreur M. Lemieux - par Jean St-Jacques
Le lundi 14 mai 2007 07:00
qui va à la chasse - par André Lord
Le lundi 14 mai 2007 07:00
Le bateau - par Guy Lemieux
Le lundi 14 mai 2007 06:00

