Sous des torrents de dialogues

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Martin Bilodeau
Édition du samedi 12 et du dimanche 13 mai 2007

Mots clés : Paul Fo, Everything's Gone Green, Culture, Cinéma, Canada (Pays)

Le nom de Douglas Coupland porte-t-il au point de permettre la production d'un film nul? C'est la question que je me suis posée pendant les 95 laborieuses minutes de cette comédie écrite par l'auteur de Generation X et mise en scène avec une extraordinaire incompétence par Paul Fox (The Dark Hours).

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Everything's Gone Green
De Paul Fox. Avec Paulo Costanzo, Steph Song, JR Bourne, Aidan Devine. Scénario: Douglas Coupland. Image: David Frazee.
Montage: Gareth C. Scales. Canada, 2006, 95 minutes.
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Everything's Gone Green est ce que les Anglo-Saxons appellent un film littéral. Où tous les traits d'esprit ont l'air écrits, où toutes les pensées, toutes les données psychologiques sont vomies dans des torrents de dialogues. Des dialogues que la réalisation, une formalité en soi, ne fait que cadrer en essayant de leur donner un sens supérieur, en vain.

Le gâchis est d'autant plus navrant que l'acteur Paulo Costanzo a vraiment une bonne tête, et la grâce qui va avec. On pense à Gad Elmaleh, en moins pantomime peut-être. Film canadian oblige, il joue un gars qui n'a pas de chance. Blonde, boulot, en une journée sont envolés. Zéro est donc le point de départ de son aventure (attention, mot trop fort), collée à une méditation sur le contrôle de soi et la providence, au cours de laquelle notre bon bougre découvrira que la couleur de l'argent et le secret du bonheur sont deux choses séparées.

Coupland trop embrasse et mal étreint. Dans son scénario décousu, il est tour à tour question de gains de loterie, de blanchiment d'argent, de magouilles immobilières, de mafia chinoise, de tournages de films américains débiles et de plantations de cannabis en sous-sol, alouette! Vous ai-je dit que ça se passe à Vancouver? De fait, Everything's Gone Green se veut une sorte d'état des lieux de la métropole de la côte Ouest, avec son fantasme écologique, son économie sauvage et son fossé culturel. Un projet louable, en somme, doté de quelques bonnes idées. Mais aucune, absolument aucune, ne fleurit dans ce climat pourtant humide et tempéré.

Collaborateur du Devoir


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