Le PQ prend trop de place, estime l'ADQ

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Antoine Robitaille
Édition du vendredi 11 mai 2007

Mots clés : Action démocratique du Québec, Parti québécois, temps de parole, Québec (province)

Les libéraux promettent la tolérance zéro en matière linguistique

Sébastien Proulx

Québec -- L'Action démocratique du Québec estime que le président de l'Assemblée nationale, Michel Bissonnet, a été «trop généreux» à l'endroit du Parti québécois dans sa décision rendue hier sur le partage du temps de parole en Chambre. «Je crains que ça limite l'opposition dans son rôle de surveillance du gouvernement», a déploré le leader adéquiste Sébastien Proulx. Le Parti québécois, lui, estime que le président a bien «saisi le nouveau contexte», selon ce qu'a déclaré Diane Lemieux, soulignant que le PQ occupe 46 % des sièges d'opposition.

Pour distribuer 60 % de ce temps à l'ADQ et 40 % au PQ, M. Bissonnet a dû limiter le temps accordé à chaque question et aux réponses, mais aussi le nombre de questions «complémentaires» (sous-questions) que peut poser un député. Il a même jugé nécessaire «d'encarcaner» -- selon le mot de M. Proulx -- l'échange ouvrant toute «période de questions et de réponses orales» entre le chef de l'opposition et le premier ministre en limitant la quantité de questions «complémentaires» du chef de l'opposition. L'effet sur ce moment clé de la vie parlementaire a été évident hier: celle-ci est apparue éclatée, les sujets se multipliant, les deux partis revenant sur des thèmes ayant déjà été abordés par d'autres. «En orchestrant de façon très rigide la période de questions, on brise le rythme auquel le Parlement est habitué et ç'a pour effet d'avantager le gouvernement», a déploré M. Proulx. La leader péquiste Diane Lemieux a aussi dit avoir une «préoccupation pour ce qui est de la mécanique» de la période de questions.

M. Proulx se réjouit toutefois que le président ait présenté sa solution au problème du ménage à trois comme un «cadre théorique» qui pourrait être corrigé après avoir été mis à l'épreuve «dans les deux prochaines semaines». Car en l'état, la prépondérance de l'opposition, nécessaire en régime britannique, n'est pas assez marquée à ses yeux.

Dans ce nouveau contexte, le leader adéquiste n'écartait pas l'idée de mieux se coordonner avec l'opposition officielle. Pourrait-il s'entendre avec le PQ, par exemple, pour bombarder un ministre sur un même sujet à tour de rôle, comme un député unique pouvait le faire à la belle époque des questions complémentaires quasi illimitées? «Ce n'est pas impossible», a répondu hier M. Proulx.

Depuis le 26 mars, l'opposition est divisée en deux groupes parlementaires pratiquement égaux. Ces derniers n'ont pas réussi à s'entendre, ce qui a contraint le président à trancher le noeud gordien. Aux élections, l'ADQ a en effet obtenu seulement 2 % des suffrages de plus que le PQ et seulement cinq sièges de plus. Le parti de Mario Dumont a recueilli 1 223 477 voix et le PQ, 1 125 078. Le PQ occupe 29 % des sièges de l'Assemblée, 46 % des sièges de l'opposition et 43 % du vote de l'opposition. En 2003, le statut de groupe parlementaire reconnu n'avait pas été accordé à l'ADQ, qui avait obtenu 18 % des voix, 3,2 % des sièges, 8 % des sièges de l'opposition et 35 % des votes d'opposition. En conséquence, on n'avait laissé aux quatre députés adéquistes de l'époque (en 2004, un cinquième s'était ajouté) que 6 % du temps de parole, autrement dit une question sur 18. Mario Dumont avait vertement dénoncé cette décision. «Il se souvient des sourires carnassiers que certains lui ont faits en lui annonçant ces mauvaises nouvelles», a raconté un membre de l'entourage de M. Dumont en parlant du leader péquiste de 2003, André Boisclair.

Les négociations ont encore cours entre les trois partis en ce qui a trait au budget accordé à chacun, mais aussi à la composition des commissions parlementaires. «Ils auraient avantage à s'entendre avec nous s'ils ne veulent pas être déçus une autre fois», a commenté Diane Lemieux hier.

Le bal des néophytes

En cette première période de questions, hier, la nervosité des débutants était évidente. Le leader Proulx, qui en était à sa première expérience, a posé une question au gouvernement en pleine rubrique du dépôt de pétitions, ce qui lui a valu d'être rabroué par le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, qui lui a lancé: «Ce n'est pas le moment de poser ce genre de question.» Le whip adéquiste, François Bonnardel (Shefford), s'est levé à un mauvais moment, avant d'être rassis par sa voisine, Sylvie Roy (députée de Lotbinière depuis 2003), plus expérimentée.

Français sans faute

Dans sa première question à vie à l'Assemblée nationale, le député péquiste de Borduas, Pierre Curzi, a cherché à savoir ce que le premier ministre avait en tête lorsqu'il a dit, dans son discours inaugural, qu'il souhaitait «renforcer la fierté de la langue française dans l'espace public». Quelles mesures prévoit-il? La nouvelle ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre, a alors déclaré que pour «tout ce qui est de la question de la langue française, ce sera "tolérance zéro". Nous serons là, nous surveillerons et nous ferons appliquer la loi». A-t-elle voulu dire que toutes les infractions à la loi 101 seraient prises en considération? Les résultats d'une «campagne d'information et de sensibilisation» de l'Office de la langue française dévoilés en décembre 2006 indiquaient que 30 % des commerces du centre-ville de Montréal ne donnaient pas une place prépondérante au français dans l'affichage. La ministre a-t-elle l'intention d'agir? À son cabinet, hier après-midi, on s'est montré plutôt vague. «On pourrait faire d'autres campagnes du genre», a dit Nathalie Gélinas, l'attachée de presse de Mme Saint-Pierre. Des efforts seront aussi faits dans le secteur des jeux vidéo, où 45 % seulement des produits offrent du contenu en français, a-t-elle souligné.

Mme Saint-Pierre pourrait commencer sa campagne de promotion de la qualité de la langue auprès de son propre collègue Claude Béchard, le ministre des Ressources naturelles.

Au moment même où Mme Saint-Pierre faisait sa profession de foi envers la langue française, le ministre Béchard remettait aux journalistes une copie de son discours au Congrès de l'industrie forestière du Québec. Selon un relevé fait par la Presse canadienne, le texte comprend au moins une trentaine de fautes majeures.

On y parle de la «crise que traversent [sic] le Québec». Le ministre Béchard écrit que «les intervenants sociaux doivent s'associés [!] à une industrie moderne». Il promet de consulter sur «tout [?] les projets» qui seront présentés. Le ministre invite aussi tous les forestiers «à effectuer le travail dans lequel vous exceller [sic]». Il promet aussi de faire des actions «pour les travailleurs qui sont les premier [sic] touché [resic] par l'incertitude».

Ce n'est pas la première fois qu'un texte public d'un ministre du gouvernement libéral est truffé de fautes. En 2005, le texte du discours inaugural remis aux journalistes par le bureau du premier ministre contenait lui aussi un grand nombre d'erreurs et de coquilles qu'on avait dû corriger le lendemain. Celui présenté mercredi en était toutefois exempt.

Le Devoir

Avec Presse canadienne


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ADQ prend un peu trop de place - par Raymonde Chouinard
Le samedi 12 mai 2007 13:00

Un regard diffétrent - par Pierre Castonguay (p.castonguay@videotron.ca)
Le vendredi 11 mai 2007 21:00

Une personne attitrée pour corriger les textes avant de publier. - par André pelletier (pell47@hotmail.com)
Le vendredi 11 mai 2007 09:00

Au point de jonction 564798365899 987 l'ADQ perd son latin - par Pierre Castonguay (p.castonguay@videotron.ca)
Le vendredi 11 mai 2007 07:00

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