Marois réfléchit

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Robert Dutrisac
Édition du jeudi 10 mai 2007

Mots clés : Parti québécois, Pauline Marois, chefferie, Québec (province)

«Il y a une réflexion plus large à faire que sur la chefferie. Il y a une réflexion à faire sur le parti, sur son enracinement, sur sa capacité d'écoute»

Québec -- Pauline Marois ne ferme plus complètement la porte à la possibilité qu'elle se lance dans la course à la direction du Parti québécois. Alors qu'elle participait à un colloque de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (Acfas) à Trois-Rivières, Pauline Marois n'a pas écarté la possibilité qu'elle se présente pour succéder à André Boisclair. Ce serait la troisième fois que l'ancienne ministre tenterait sa chance pour devenir chef du PQ, une quatrième si on compte sa tentative avortée qui l'a opposée en 2001 à Bernard Landry.

Mais Pauline Marois n'est pas prête à dévoiler ses intentions. «Je n'en suis pas là, a-t-elle dit. Il y a une réflexion plus large à faire que sur la chefferie. Il y a une réflexion à faire sur le parti, sur son enracinement, sur sa capacité d'écoute. Je pense qu'il faut laisser retomber la poussière et, pour l'instant, je suis plutôt dans cette perspective-là que dans toute autre perspective.»

Pauline Marois se montre très prudente, surtout en commentant le sondage TVA-Léger Marketing qui indique qu'elle serait la préférée des Québécois, devançant le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. «Je pourrais vous raconter une petite anecdote. Quand il y a eu l'élection à la présidence du parti en 2005, les sondages avaient, à un certain moment, été très favorables à mon endroit. Alors, soyons prudents, puisque c'est très volatil parfois.»

Selon ce sondage, mené auprès de 502 personnes, dont la marge d'erreur est de 4 % 19 fois sur 20, 30 % des répondants estiment que Pauline Marois est la meilleure candidate, alors que Gilles Duceppe recueille 17 % des appuis. Le député de Borduas et ancien président de l'Union des artistes, Pierre Curzi, est le choix de 10 % des répondants, Bernard Landry, de 7 %, le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, de 3 % et la députée de Bourget, Diane Lemieux, de 2 %. Le tiers des répondants favorisent d'autres candidats ou n'ont pas d'opinion.

Un premier député péquiste a d'ailleurs accordé publiquement son appui à Pauline Marois. Bernard Drainville a indiqué hier qu'il se rangerait derrière Mme Marois si elle décidait de se présenter. «J'ai fait ce choix avant même de prendre connaissance du sondage», a-t-il précisé au cours d'un entretien avec Le Devoir. «Elle a toujours eu une ouverture d'esprit, cette femme. Elle n'a jamais fait dans le dogmatisme. Et actuellement, on a besoin de quelqu'un qui est ouvert aux idées nouvelles», a-t-il dit. Et c'est sans compter son expérience ministérielle, ses compétences et «le respect que la majorité des Québécois lui vouent», a-t-il poursuivi.

S'il a choisi d'appuyer hâtivement Mme Marois, c'est pour éviter un couronnement de Gilles Duceppe. «J'y suis opposé. Je veux donner de l'oxygène à cette course.»

Bernard Drainville est conscient qu'il court un risque en s'opposant ouvertement si tôt à celui que certains, dont le député de Richelieu, Sylvain Simard, désignent déjà comme le prochain chef. «Bien oui, je prends un risque, a-t-il dit. Le calcul politique, pour ne pas dire l'ambition politique, ne doit pas nous faire perdre l'essentiel. On est là pour les idées et on est là pour améliorer le sort de nos compatriotes.»

À part Sylvain Simard, aucun député péquiste n'a appuyé publiquement Gilles Duceppe pour qu'on lui déroule le tapis rouge à Québec. De fait, tous les députés interrogés à ce sujet depuis la démission d'André Boisclair, à l'exception du député de Richelieu, ont dit souhaiter que se tienne une course au leadership en bonne et due forme. Rappelons que, lors de la course à la succession de Bernard Landry, la venue possible de Gilles Duceppe avait suscité une vive opposition au sein du caucus péquiste.

Selon le député du Bloc québécois Réal Ménard, il faut éviter un affrontement qui opposerait Gilles Duceppe et Pauline Marois. «Donc, il faut régler la question de Duceppe-Marois d'abord. Après ça, il faut se poser la question "qui est la meilleure personne?"», a-t-il dit à la sortie de la réunion du caucus. «On a besoin des deux dans le mouvement souverainiste. S'il y a un perdant et un gagnant, ça veut dire qu'il y a quelqu'un qui va être dans le poste et quelqu'un d'autre qui ne sera pas à un autre poste. De mon point de vue, il faut éviter ça.»

Pour sa part, Pierre Curzi n'écarte pas l'idée de se porter candidat pour succéder à M. Boisclair. Il estime que la troisième place que lui accorde le sondage montre que la population lui reconnaît «une possibilité de dialogue». Il appelle le PQ à se rapprocher des citoyens. «Ce qui m'apparaît important, c'est qu'on ne se retourne pas juste vers les militants mais vers les citoyens pour se rebrancher directement sur les gens.»

Des règles plus strictes

À la direction du PQ, on veut éviter que la course ne conduise à la multiplication des candidats marginaux comme en 2005. La course avait suscité 13 intentions de candidature, dont neuf s'étaient matérialisées. Huit candidats s'étaient rendus au fil d'arrivée. De ce nombre, quatre avaient obtenu moins de votes que le nombre de signatures requis pour poser leur candidature, soit 1000.

On pense à interdire à un membre de signer pour appuyer plus d'un candidat. En 2005, certains candidats s'étaient échangé les signataires. On pourrait également exiger que, pour que sa candidature soit valable, le prétendant ait l'appui d'au moins un député ou du président d'une association régionale.

Avec la collaboration de Louise-Maude Rioux-Soucy et d'Hélène Buzzetti


Vos réactions


La qualité d'un chef - par Julien Beauregard (gambit_the_cajun@hotmail.com)
Le jeudi 10 mai 2007 23:00

Sondage: sans intérêts. - par Claude L'Heureux (claude.lh@sympatico.ca)
Le jeudi 10 mai 2007 21:00

à M. Castonguay - par Etienne Merven (emerven@sympatico.ca)
Le jeudi 10 mai 2007 15:00

C'est Kirouack qui doit se retourner dans sa tombe! - par Zach Gebello (gebe@tlb.sympatico.ca)
Le jeudi 10 mai 2007 12:00

Pauline Marois, oui - par Richard Weilbrenner (doublevey@endirect.qc.ca)
Le jeudi 10 mai 2007 11:00

Je vote pour Guy Lafond - par Pierre Castonguay (p.castonguay@videotron.ca)
Le jeudi 10 mai 2007 10:00

Non, madame Marois, faites une femme de vous! - par Ginette Pilon (gpilon@globalserve.net)
Le jeudi 10 mai 2007 10:00

le tintin c etait boisclair - par normand chaput
Le jeudi 10 mai 2007 09:00

Go Pauline go - par mario beaudoin
Le jeudi 10 mai 2007 08:00

Une analogie pour le moins boiteuse - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le jeudi 10 mai 2007 08:00

LE BAISER DE LA MORT - par Gilles Bousquet
Le jeudi 10 mai 2007 08:00

Le retour de la Castafiore - par jacques noel
Le jeudi 10 mai 2007 07:00

Je désire moi aussi soumettre ma candidature - par Guy Lafond
Le jeudi 10 mai 2007 06:00

La présence de Duceppe est requise à Ottawa - par Pierre Castonguay (p.castonguay@videotron.ca)
Le mercredi 09 mai 2007 23:00

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