Québec devrait hausser ses exigences
Mots clés : vente, gouvernement, Alcan, aluminium, Économie, Saguenay-Lac-Saint-Jean (région), Québec (province)
Le gouvernement pourrait réclamer que la transformation de l'aluminium se fasse au Saguenay-Lac-Saint-Jean
Québec devrait profiter de l'éventuelle vente d'Alcan à des intérêts étrangers pour se montrer plus exigeant en matière de création d'emplois et de transformation au Québec de l'aluminium, dit un expert.Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, a promis, après l'annonce de l'offre d'achat hostile de l'américaine Alcoa sur la montréalaise Alcan lundi, qu'il dévoilerait aussitôt que possible le texte de la dernière entente signée par le gouvernement avec Alcan. Le ministre s'était montré alors convaincu d'avoir toutes les garanties nécessaires pour préserver les emplois et les investissements promis en décembre par la compagnie. On disait à son bureau hier que le feu vert des avocats pour le dévoilement du texte devrait être obtenu d'ici la fin de la semaine.
«En gros, on sait ce qu'il y a dans cette entente, dit le professeur Marc-Urbain Proulx. Les protections obtenues visent le siège social de Montréal. Il n'y avait rien sur l'obligation en matière de transformation de l'aluminium en région.»
Cette question est cruciale pour l'économie des régions, rappelle l'expert. Les milliards qui sont investis dans le secteur ont pour but de moderniser les équipements de production et ont fatalement pour effet de réduire le nombre total d'emplois. Les alumineries ont ainsi doublé leur capacité de production depuis vingt ans au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais ils ont aussi réduit du tiers leurs effectifs. Le seul espoir à long terme est que cet aluminium ne soit pas immédiatement expédié sous forme de lingots à l'étranger mais transformé soit en pièces d'auto, soit en composantes d'avions, soit encore en emballages.
600 millions à rabais
La compagnie Alcan aurait été prête à faire bien des concessions pour s'assurer du renouvellement du bail de la Péribonka, qui lui permet de tirer du système hydrographique régional autour de 2000 mégawatts d'électricité au coût incroyablement bas de 1 ¢ du kilowattheure, estime Marc-Urbain Proulx. L'avantage économique de cette ressource électrique, qui s'ajoute à son approvisionnement au tarif L, est évalué entre 500 et 600 millions par année. Au lieu de prendre son temps pour monnayer au maximum cet avantage financier considérable, le gouvernement Charest s'est dépêché de conclure une entente à la veille des élections, le 14 décembre, et de la faire adopter sous le bâillon, déplore l'économiste.
«Ailleurs, les gouvernements n'hésitent pas pour se montrer beaucoup plus exigeants à l'égard des compagnies en échange de pareilles ressources, dit-il. En Chine, ou au Bahreïn, on réclame des parts dans les compagnies alors qu'ici on n'ose même pas fixer de plancher d'emplois ni demander que de la transformation soit faite ici.»
Il ne fait pas de doute selon lui, que, si une compagnie étrangère met aujourd'hui la main sur Alcan et que rien n'est fait pour améliorer l'entente signée en décembre, le rêve que l'or bleu génère de plus grandes retombées économiques au Québec ne fera que s'éloigner un peu plus. «Si le gouvernement ne se bat pas pour tirer le maximum de nos ressources, qui le fera?», demande l'économiste.
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Le jeudi 10 mai 2007 11:00
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Le jeudi 10 mai 2007 09:00
Québec plus exigeant? - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
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