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''Pour gouverner un grand royaume, on doit imiter celui qui fait cuire un petit poisson'', Lao Tseu

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Pierre Castonguay (p.castonguay@videotron.ca)
Envoyé Le mardi 08 mai 2007 11:00



René Lévesque disait : «Ce qu'il faut, c'est des hommes et des femmes qui travaillent exclusivement pour tous les Québécois et non pas, j'ai le regret de le dire, trop souvent pour leurs petits, puis leurs gros amis et les intérêts qui grouillent en coulisse»

J'assume donc toute la responsabilité des malheurs d'André Boisclair en tant que militant de la base.

J'aurais dû être son père et faire le pied de biche devant son bureau de la Place Ville-Marie au lieu de lui écrire à chaque fois qu'il :

- n'écoutait pas les instances du parti
- le conseil des sages
- les avis des anciens
- les militants qui unanimement le mettaient en garde.

J'aurais dû l'approcher et lui offrir de le déculotter chaque matin afin de vérifier s'il n'avait pas de traces de freinage dans la portion arrière de ses sous vêtements. Cela lui aurait évité ce merdier dans lequel il s'enfonce.

J'aurais dû, comme le moine bouddhiste de la fin des années soixante donner ma vie pour m'enduire d'essence et me faire brûler en signe de protestation avant le déclenchement de la campagne électorale afin qu'André, subitement saisi par le geste symbolique, puisse enfin céder sa place à un autre.

J'aurais dû lui faire parvenir des corbeilles de fruits, des fleurs, des boîtes de chocolat, des fruits frais, des forfaits toutes dépenses payées aux cliniques santé, aux cures thermales et des bonbons afin de maintenir son moral.

J'aurais dû prendre les feuilles de pointages et me rendre au domicile de tous nos militants qui en étaient détracteurs afin de leur offrir un électroménager et de l'argent pour qu'ils aillent voter PQ en dépit de la prestation et des positions d'André Boisclair.

Avant de mourir pour la cause de ce jeune tribun, j'aurais dû fermer ma gueule et faire cela en silence afin de ne pas perturber la quiétude dont André a besoin.

J'aurais dû comprendre que les intérêts du parti, ceux de l'objectif de la souveraineté, ceux du maintient du nombre de la députation, ceux de l'avenir du Québec doivent passer après le bien être et le droit d'André Boisclair de vivre la grisante aventure de la chefferie péquiste, quitte à le laisser mourir de sa belle mort tout en entraînant la chute définitive du Parti Québécois et le transfert de l'option souverainiste vers le parti de l'option citoyenne qui a besoin d'une dizaine d'années devant lui afin d'obtenir un début de députation en chambre.

Je prend donc tous les blâmes, tous les reproches, toute la grogne d'après défaite aux nom des militants et militantes de la base. Je crois qu'effectivement, le modèle de militantisme à la manière du parti Libéral, permet à n'importe lequel candidat médiocre de se maintenir en place et que cette voix est une voix idéale pour assurer la continuité partisane même avec une picouille à notre tête.

Je sais qu'en prenant position contre André, j'ai fait pleurer le petit Jésus qui était fin prêt à laisser André sortir le crucifix de la chambre des débats pour plaire aux membres les plus militants de nos minorités ethniques.

Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa.

Monsieur Serge Ménard a raison Monsieur Boisclair souffre énormément.

En signe de repentance et comme j'aurai précisément 50 ans le 26 mai prochain, j'offre que l'on me saisisse
manu militari pour qu'au nom de la base du parti, qui a vraiment mal agi, je sois flagellé publiquement devant André Boisclair en signe de réparation pour toute la souffrance que je lui ai causé.

Je m'engage par ailleurs, à chaque coup de fouet, de réciter à haute voix la pensée de René Lévesque suivante :

«Le seul moyen d'en sortir, c'est de revaloriser l'État et la politique, leur redonner leur place normale qui est au sommet, pas avec de la poudre aux yeux, mais par des solutions valables et par des programmes cohérents (...) qui donnent une direction réaliste et franche.»


Pierre Castonguay

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