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Les Trudeau, la tabula rasa, et le rêve d'un Canada ex nihilo, etc.

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Simonon Paul
Envoyé Le mardi 08 mai 2007 08:00



Ce brave Justin clame au Nouveau-Brunswick que le bilinguisme est une notion bornée, insuffisante, ségrégationniste, etc. (pauvres francophones hors-Québec: entre les descendants de Trudeau et les séparatistes, ils ne sauraont plus de qui se méfier...)
Le jeune Trudeau prétend qu'il n'est pas possile de se contenter du bilinguisme "qui divise", et que le minimum dans le monde d'aujourd'hui est d'aspirer au tri- voire au quadri-linguisme...
Cela est intéressant, visionnaire, généreux; mais il est difficile de saisir exactement à quoi ce brave petit Justin veut en venir et ce, pour au moins 2 raisons:
1)Le taux de trilinguisme le plus élevé en Amérique du Nord se trouve vraisemblablement au Québec (qui a encore beaucoup de progrès à effectuer par ailleurs: il est incroyable qu'en Europe du Nord l'anglais soit plus et mieux parlé qu'au Québec! Dans un Québec véritablement continentalisé, américanisé, les jeunes Québécois apprendraient massivement l'anglais, et peut-être avant, l'espagnol!). Ainsi, soulignant la beauté du trilinguisme, il aurait pu et du prendre en exemple, au moins pour l'Amérique du Nord, le Québec (la province à laquelle il est au moins lié par son désir de s'y faire élire et d'en représenter une circonscription).
2) Le taux de bilinguisme au Canada se situant sous la barre des 10%, le brillantissime et visionnairissime jeune Trudeau devrait peut-être nous expliquer comment, dans un pays si réticent (pardon, pas "réticent", plutôt "résolument incapable"; dans ce pays, l'unilinguisme stupide et borné mobilise positivement encore plus qu'auQuébec!) à prendre les mesures qui s'imposent pour qu'un minimum de bilinguisme s'installe de manière durable, on va devenir trilingue ou quadrilingue.
En d'autres termes, l'inclassablement imaginatif Justin devrait nous expliquer comment, au Canada, on va devenir Trilingue avant d'être devenu bilingue (c'est la deuxième qui fait mal; après, on présume que ça "passe" tout seul et que "ça fait donc du bien par où ça passe"...). Dans l'arithmétique de ce puissant mathématicien, on passe de 1 à 3 et 4 sans passer par 2... pourquoi pas??!

A moins qu'il ne dissipe ces sources de perplexité qui compromettent l'intelligibilité de son propos, Trudeau II, qui se distingue au moins aussi par le rouge flamboyant de sa cravate (mal nouées; avec une belle rose, on verrait moins le noeud...), n'est bon qu'à alimenter le courant de la "mégalomanie sans qualité" auquel il a déjà contribué avec un certain éclat...
Le défi au PLC/Québec, ce sera, pour les Coderre et Cie. de tenter d'expliquer à un candidat, aussi prometteur et plein de sa juvenile énergie ainsi que d'un bel appétit de redéfinition idéologique, les paramètres de base de la politique canadienne et de l'identité québécoise, et, en cas d'échec, de convaincre le patient de retourner à Katimavik...

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