Alcan, un joyau canadien
Mots clés : acquisitions, Alcoa, Alcan, aluminium, Économie, Canada (Pays)

Photo: Jacques Nadeau
Le rachat d'Alcan par Alcoa marquerait un retour aux sources pour le canadien, qui avait vu le jour en 1902 comme filiale de la Pittsburgh Reduction Company, l'ancêtre du géant américain de l'aluminium.
Devenu l'Aluminium Company of Canada, Alcan acquiert son indépendance en 1928 quand Alcoa est forcé par les lois antimonopolistiques américaines de vendre la plupart de ses usines à l'extérieur des États-Unis. Alcan reprend alors la plupart de ces actifs d'Alcoa, situés notamment en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en France, en Italie, au Japon et en Norvège.
De 1930 à 1950, Alcan se développe beaucoup et construit des usines d'électrolyse et des centrales hydroélectriques, notamment dans la région du Saguenay, au Québec, qui deviendra le centre nerveux de ses opérations. Entre 1960 et 1980, la capacité de transformation augmente à l'échelle internationale. Des usines d'électrolyse sont mises en service en Australie, au Royaume-Uni, au Brésil et en Inde. Des mines de bauxite, minerai à la base de l'aluminium, sont aussi mises en exploitation en Afrique, au Brésil et en Australie. Au début des années 80, Alcan fusionne avec la British Aluminium, un regroupement qui en fera un joueur de premier plan dans le secteur. En 2002 et 2003, les acquisitions du suisse Alusuisse et du français Pechiney feront du canadien le second producteur mondial d'aluminium, et le premier pour les emballages.
Alcan, qui compte aujourd'hui 68 000 employés dans 61 pays, a multiplié ces dernières années les projets de construction d'alumineries pour répondre à la demande de la Chine. Des projets sont en cours de réalisation à Oman, en Afrique du Sud et au Québec.
Le groupe a aussi annoncé fin avril qu'il s'associait à une société minière saoudienne dans un projet de sept milliards $US en Arabie Saoudite qui prévoit notamment la construction d'une aluminerie d'une capacité de 720 000 tonnes par année.

