Van Houtte passe aux mains de l'américain Littlejohn
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Le fonds d'investissement privé paiera 600 millions pour le distributeur de café québécois

Photo: Jacques Nadeau
Littlejohn assumera la dette nette de 58 millions de Van Houtte. Une fois la transaction close, Littlejohn fermera le capital de Van Houtte, qui est inscrit en Bourse depuis 1987.
«La décision de mettre en vente notre participation majoritaire dans Van Houtte a certes été difficile, mais il s'agit de la meilleure décision pour l'ensemble des actionnaires de la société», a déclaré Paul-André Guillotte, président du conseil d'administration de Van Houtte et du comité qui a étudié les offres d'achat. «Il est temps maintenant qu'un nouveau groupe de propriétaires accompagne Van Houtte dans sa prochaine étape de croissance», a ajouté M. Guillotte.
Le siège social de la société demeurera à Montréal et l'équipe actuelle de direction restera en place, a-t-il assuré. «Ces gens-là ont acheté un plan de développement, une marque importante, des assises partout en Amérique du Nord, alors le but n'est certainement pas de défaire ça», a soutenu Paul-André Guillotte en conférence de presse. «On a eu deux mois de discussions avec ces gens-là [chez Littlejohn] et pendant tout ce temps, ce qu'on a vraiment ressenti d'eux, c'est le désir de développer l'entreprise», a-t-il précisé.
À l'instar de la famille Van Houtte, les dirigeants de l'entreprise feront un joli coup d'argent avec cette transaction. Ils ne se sont pas émus outre mesure de voir le contrôle d'un fleuron québécois passer aux États-Unis.
«Vous ne pouvez pas continuer de prétendre que vous êtes une compagnie nord-américaine et essayer de fermer la propriété», a affirmé le président et chef de la direction de Van Houtte, Jean-Yves Monette. «Ce qui compte, c'est que l'héritage va demeurer.»
Le comité du conseil d'administration chargé d'étudier les offres d'achat a reçu plus de 50 propositions. Il a écarté celles provenant d'entreprises du secteur agroalimentaire au profit de celle de Littlejohn, qui était, financièrement, la plus élevée de toutes.
Les dirigeants de Van Houtte ont assuré que la transaction n'entraînerait aucun changement dans le nombre d'emplois, les orientations stratégiques ou l'exploitation de l'entreprise. Sur son site Web, Littlejohn se présente comme une firme qui investit dans des entreprises qui ont «un rendement insuffisant par rapport à leur potentiel». Sa façon de procéder: «mettre la main à la pâte» en «travaillant étroitement avec la direction [des entreprises] pour développer et mettre en oeuvre de nouveaux plans stratégiques».
«Nous avons trouvé en Van Houtte une entreprise bien gérée, un produit de qualité, une marque reconnue, une riche tradition et un plan de développement solide», a néanmoins affirmé le président de Littlejohn, Michael Klein, dans le communiqué.
M. Monette a souligné que Van Houtte avait déjà une stratégie d'expansion aux États-Unis et que celle-ci se poursuivrait. Le dirigeant détiendra des actions dans la nouvelle structure.
Dans une note de recherche, l'analyste Sara O'Brien, de RBC Marchés des capitaux, a estimé que l'offre de Littlejohn était «juste».
La semaine dernière, la firme américaine a annoncé son intention d'acquérir une autre société présente au Québec, Intertape Polymer Group, dont l'un des deux sièges sociaux est à Montréal.
Le dividende supplémentaire de 25 ¢ par action, payable le 15 juin, sera maintenu, contrairement au dividende trimestriel ordinaire de 8 ¢ par action, qui ne le sera pas.
Les fondateurs et actionnaires de référence de Van Houtte ont convenu d'apporter leur «soutien irrévocable» à la transaction et de voter en sa faveur. Ils détiennent 68 % des droits de vote. Le conseil d'administration a approuvé la transaction à l'unanimité et recommande aux actionnaires de la société de voter en sa faveur lors d'une assemblée extraordinaire qui aura lieu à la fin juin. La transaction doit être close au début juillet. Le Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec a aussi investi dans la nouvelle entité, mais le montant de sa participation n'a pas été dévoilé.
Fondé en 1919, Van Houtte emploie quelque 1900 employés au Canada et aux États-Unis. Quant à la firme Littlejohn, elle a été créée en 1996 par Angus Littlejohn. Des caisses de retraite et des institutions financières américaines en sont actionnaires.

