Dow Jones attire l'attention de la SEC
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Washington -- Les autorités fédérales et d'État américaines enquêtent sur des conversions suspectes d'options de Dow Jones & Co., qui seraient survenues avant l'annonce, la semaine dernière, d'une offre faite par News Corp. pour l'acquisition de l'éditeur de nouvelles financières.
Un porte-parole de Dow Jones, qui publie notamment le Wall Street Journal, a indiqué hier que la compagnie avait reçu une assignation à témoigner du bureau du procureur général de l'État de New York, ainsi qu'une demande d'information de la part de la Securities and Exchange Commission (SEC) en ce qui concerne l'exercice d'options d'achat.
Dow Jones entend «collaborer sans réserve» avec les autorités, a affirmé le porte-parole de la compagnie Howard Hoffman.
Un porte-parole avait par ailleurs déclaré au Journal, la semaine dernière, que News Corp. avait également reçu une assignation du bureau de Mario Cuomo et une requête de la SEC.
Plus de 10 000 options d'achat ont été exercées à la fin du mois d'avril, comparativement à 7000 pour le trimestre de janvier à mars au complet. Ce contraste important laisse entendre que certains investisseurs étaient peut-être au courant de l'offre de Rupert Murdoch avant que celle-ci ne soit dévoilée publiquement.
Contre la vente
Par ailleurs, l'un des gros actionnaires du groupe Dow Jones, Jim Ottaway, dont la famille détient 6,2 % des droits de vote, s'est déclaré hier farouchement opposé à une vente à Rupert Murdoch, qui, selon lui, menacerait l'indépendance du Wall Street Journal.
Dans une déclaration publiée par ce journal propriété du groupe Dow Jones, M. Ottaway a accusé M. Murdoch d'utiliser ses journaux et ses télévisions pour promouvoir ses opinions politiques et économiques. «Dow Jones n'est pas à vendre, à aucun prix, à Rupert Murdoch», a-t-il lancé.
Le groupe de M. Murdoch, News Corp., a offert cinq milliards $US pour racheter Dow Jones, groupe qui possède le Wall Street Journal mais aussi l'agence financière Dow Jones et l'hebdomadaire spécialisé Barron's. Son offre représentait 65 % de plus que le cours de Bourse la veille.
L'opposition de M. Ottaway renforce celle de la famille Bancroft, le principal actionnaire. Des représentants des Bancroft, qui ensemble détiennent 52 % des droits de vote, ont dit qu'ils voteraient contre l'offre de M. Murdoch.
«Murdoch promet une indépendance éditoriale et aucune interférence dans les informations s'il possédait Dow Jones», écrit M. Ottaway, «mais il a déjà fait ces promesses faciles à des acheteurs avides dans le passé, sans toujours les tenir.»

