Réduction des gaz à effet de serre - Les Albertains veulent un véritable effort des compagnies pétrolières
Mots clés : environnement, compagnies pétrolières, gaz à effet de serre, Énergie, Canada (Pays), Alberta (Province)
Ottawa -- Une majorité écrasante d'Albertains estime que les compagnies pétrolières devraient réduire les gaz à effet de serre dans chacune de leurs installations. De plus, ils sont 70 % à rejeter l'idée d'une réduction basée sur l'intensité des émissions, comme le plan vert du gouvernement Harper et le plan vert de leur propre province le prévoient pourtant. Même dans le fief pétrolier, les Albertains jugent que les compagnies doivent réduire de manière absolue les émissions de gaz à effet de serre (GES), même si le coût est plus élevé pour les entreprises.
Selon Matthew Bramley, de l'Institut Pembina, les conclusions du coup de sonde démontrent de façon éclatante que le gouvernement Harper va à contre-courant de l'opinion publique, même dans la très conservatrice Alberta. «Le gouvernement Harper est déconnecté de la réalité. Non seulement les cibles basées sur l'intensité sont incompatibles avec la science des changements climatiques, mais, en plus, c'est contre la volonté de la population. Même les Albertains jugent qu'il faut avoir des cibles absolues, quitte à faire payer davantage les pétrolières», a affirmé Matthew Bramley au Devoir.
La première question du sondage était la suivante: «Est-ce que les compagnies qui oeuvrent dans les sables bitumineux devraient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans chacune de leurs installations?» 70 % des répondants se sont dits «fortement en accord», alors que 22 % se sont dits «en accord», pour un total de 92 %.
Mais la partie la plus intéressante concerne la manière de réduire les GES. Le plan Harper et le plan du gouvernement de l'Alberta misent tous deux sur des réductions basées sur l'intensité des émissions, c'est-à-dire une efficacité accrue par unité de production (par exemple, il s'agit de produire moins de GES par baril de pétrole). Par contre, si l'on produit plus, les émissions totales de GES vont continuer d'augmenter. Or, c'est le total dans l'atmosphère qui contribue au réchauffement de la planète.
Les Albertains rejettent cette approche. La question était la suivante: «On vous demande de comparer deux approches pour réduire les gaz à effet de serre. Pensez-vous que les cibles devraient réduire le total des émissions de GES sous le niveau actuel, même si cela coûte plus cher à l'industrie? Ou pensez-vous que les cibles de réductions doivent diminuer les émissions de GES par baril de pétrole produit, même si le total des GES continue d'augmenter?» 70 % des 500 répondants ont choisi la première option plus contraignante, alors que 20 % ont choisi la deuxième option basée sur l'intensité des émissions. 9 % ont choisi les deux ou se sont abstenus de répondre.
Matthew Bramley juge ces réponses d'autant plus intéressantes que les Albertains sont aux premières loges de la croissance pétrolière du pays. D'après l'Association canadienne des producteurs de pétrole (ACPP), la production de barils de pétrole devrait quadrupler entre 2005 et 2020, passant de un à quatre millions de barils par jour. Une croissance qui démontre que la réduction basée sur l'intensité, même si elle atteint 25 à 33 %, comme le veut le gouvernement Harper, ne sera pas suffisante pour compenser la hausse de production. «Les émissions absolues de GES dans le secteur des sables bitumineux vont au moins tripler durant cette période, même avec le plan Baird», avance Matthew Bramley.
Vos réactions
Le fédéralisme rentable... - par jacques noel
Le lundi 07 mai 2007 11:00
Harper agi au lieu de crier - par Fernand Trudel
Le lundi 07 mai 2007 10:00
Bravo ! - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le lundi 07 mai 2007 10:00

