Le numéro deux d'al-Qaïda déclare la défaite des États-Unis en Irak
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Zaouahri raille la proposition démocrate de retirer les troupes
Bagdad -- Aymane al Zaouahri, numéro deux d'al-Qaïda, a affirmé dans un message vidéo diffusé samedi sur Internet que la proposition de loi du Congrès démocrate réclamant un retrait des forces américaines d'Irak apporte la preuve de la défaite des États-Unis dans ce pays.La Maison-Blanche a refusé de commenter ce message, diffusé quatre jours après le veto présidentiel de George Bush à la proposition de loi du Congrès débloquant 124 milliards de dollars de fonds pour la guerre tout en fixant au 1er octobre la date d'un début de retrait américain.
Zaouahri dément en outre qu'al-Qaïda et les autres groupes de rebelles sunnites attisent les tensions confessionnelles en Irak, imputant la responsabilité de cette situation au gouvernement majoritairement chiite. «Ceux qui alimentent les dissensions en Irak sont ceux qui aujourd'hui supplient les Américains de ne pas partir», insiste Zaouahri, coiffé de son traditionnel turban blanc et assis à côté de livres et d'un fusil d'assaut.
Zaouahri invite en outre les Afro-Américains à refuser de combattre en Irak et en Afghanistan, en affirmant que l'Amérique a seulement modifié «l'apparence des fers et des chaînes» que portaient leurs aïeux réduits à l'esclavage. Il multiplie les hommages à Malcolm X dans cette vidéo, entrecoupée d'images de discours du dirigeant noir, de scènes d'intervention policière contre les Noirs dans les années 1960 et de ghettos afro-américains.
La dernière intervention publique de Zaouahri date du 11 mars, quand il avait critiqué le Hamas palestinien pour l'accord de gouvernement conclu avec le Fatah.
Pendant ce temps, la violence a continué à faire rage hier en Irak. Un attentat à la voiture piégée a fait au moins 30 morts et plusieurs dizaines de blessés hier sur un marché du secteur ouest de Bagdad, selon la police. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière perpétrée au cours de la journée en Irak, où l'on dénombrait au moins 95 Irakiens tués ou retrouvés morts.
L'attentat, dont la responsabilité n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, a été commis vers midi dans le quartier de Baiyaa, théâtre régulier de violences entre sunnites et chiites, selon la police. L'explosion a dévasté le marché où la plupart des commerces semblent tenus par des chiites, détruisant voitures et camions et soufflant les toits et les devantures des magasins.
Elle a eu lieu à la onzième semaine de l'opération de sécurisation de Bagdad menée par des soldats dirigés par les Américains. Dans le cadre de cette opération, les forces irakiennes et américaines ont effectué un raid dans le quartier chiite de Sadr City, hier matin, découvrant une vaste cache d'armes, une chambre de torture et tuant au moins huit insurgés lors d'un échange de tirs, selon l'armée.
L'armée américaine a par ailleurs annoncé la mort de 12 de ses soldats dans des attaques à Bagdad, à l'ouest et à l'est de la capitale irakienne. Deux marines appartenant à la Force multinationale de l'ouest sont morts samedi lors de combats dans la province d'Anbar, fief de l'insurrection sunnite à l'ouest de Bagdad. Un troisième soldat, un membre de la Division multinationale de Bagdad, a été tué dans l'explosion d'une bombe en bordure de route vendredi dans l'ouest de la ville. Six autres soldats ont été tués avec un journaliste européen par une bombe plantée sur une route du nord-est de la capitale, et deux encore ont péri dans des attaques distinctes dans la capitale. L'armée a aussi fait état de la mort d'un militaire dans des circonstances sans lien avec les combats.
Ces décès portent à au moins 3373 le nombre de soldats américains tués en Irak depuis le début de la guerre en mars 2003, selon un comptage de l'Associated Press. Au total, les violences ont fait au moins 67 morts au total hier en Irak.

